Danse et nouvelles technologies #2 – Les danseurs entrent dans la matrice ?

Vaslav Nijinski, le danseur légendaire par excellence. Un nom qui ferait rêver presque tous les amoureux de danse et ce peut-être parce que du grand interprète ne restent que quelques photographies et témoignages – ou quand le mystère participe à la légende ? – des témoignages tellement vibrants qu’ils m’ont laissé comme un manque de n’avoir jamais pu le voir danser.

Et peut-être ne suis-je pas le seul ? C’est en tout cas ce qui m’amène à présenter dans ce dossiers deux projets qui semblent considérer l’importance de se souvenir des danseurs-interprètes d’aujourd’hui.

Nijinsky – « L’après midi d’un faune »

Et si l’on commençait par s’amuser un peu avec les  » Collections  » du Lartech, (Laboratoire de recherche-création en techno-chorégraphie) un projet à l’initiative de Denis Poulain et de la chorégraphe Martine Époque, car c’est au sein d’une interface des plus ludiques que cette équipe nous convie à la découverte de quelques grands interprètes québécois.

D’un point de vue technique, le projet dans sa genèse consistait à enregistrer les déplacements d’un ensemble de points corporels dans le temps et l’espace via un système de capture optique, basé sur des caméras infrarouges qui permettent de capter les déplacements de marqueurs disposés sur le danseur.

Mais ce n’est là que la face cachée de l’iceberg, car le gros du travail impliquait ensuite d’extraire de ces enregistrements ce qui relevait de la signature motrice de ces interprètes. Autrement dit, la suite du projet a accompli la tâche titanesque de délimiter, au sein d’un flux de mouvement enregistré, ce qui était le plus représentatif de la personnalité du danseur.

L’objectif ? Conserver l’essentiel de la gestuelle de l’interprète pour la transposer sur des automates et nous la transmettre.

DEMO_ LARTech from Hexagram | CIAM on Vimeo – Où une partie de l’équipe du Lartech explique sa vision de l’apport de la motion capture à la création.

Et au final ça donne quoi ? Un jeu au sein duquel des automates sont associés à de grands interprètes québécois. Le premier mode de jeu propose alors de tester sa capacité à reconnaître les différents danseurs à partir des automates. Le second beaucoup plus puissant nous permet de mettre en mouvement ces automates à l’aide d’un joystick pour non seulement retrouver les mouvements captés mais peut-être percevoir comment l’interprète, étant donné sa personnalité de danseur, aurait effectué certains mouvement qu’on lui intime à la manette.

Le projet est téléchargeable ici sur le site du Lartech et disponible pour Windows et Mac.

A noter, la présence sur ce projet de Frédérick Gravel puisqu’il faisait partie de l’équipe de capture sur ce projet. Nous vous en parlions lors des Rencontres Chorégraphiques de Seine Saint Denis (Lire notre article ici et ici)

DEMO_ Martine Époque et Denis Poulin from Hexagram | CIAM on Vimeo.

Pour continuer dans cette démarche et sans traverser l’Atlantique on peut aussi participer au projet DANCERS ! du chorégraphe Bud Blumenthal.

Il propose de filmer des interprètes dans une improvisation de deux minutes préalablement préparée sur une musique de leur choix. Les danseurs réalisent alors deux solos et choisissent celui qu’ils considèrent le plus représentatif de leur personnalité.

En définitive les solos sont  » taggués  » et insérés dans une base de donnée accessible sur le site du projet qui permet alors de retrouver des danseurs en fonction de différents critères de recherche.

Pour les intéressés, la dernière série de captation a eu lieu à Tours entre les 12 et 16 Juin 2013, il y en aura certainement d’autres, stay connected!

 

Image de Une : Quebec Danse tous droits réservés.

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