Deux diffusions du « Sacre » ce weekend à la Cinémathèque Française

Ce weekend, la Cinémathèque Française propose la diffusion de deux captations, dans le cadre du centenaire du Sacre du Printemps (voir notre article ici ) : le sacre de Béjart, et celui de Pina Bausch.

Le Sacre du Printemps
Maurice Béjart, 1970, 36 min.
« cine-ballet »réalisé par Maurice Béjart

En 1959, lâchée dans le ciel serein de la danse française, cette œuvre fit l’effet d’une bombe.
Brûlant, majestueux, regorgeant d’animalité, Le Sacre du Printemps est non seulement l’une des plus belles chorégraphies de notre temps mais, par sa force de rupture – intacte dans la sensualité des images de ce film – il marque l’une des coupures irréversibles de l’art chorégraphique de ce siècle.
Dans la France de l’après-guerre, beaucoup de nos contemporains non balletomanes y comprirent – avant les textes de Lacan et la mode du discours psychanalytique, avant Grotowsky, Peter Brook et le génie de Bob Wilson, mais en même temps que les splendeurs du théâtre de Jean Genet – que le corps inconscient pouvait exister aussi sur scène.
Certains, dont j’étais, y découvrirent la danse. Inoubliable.
Cette année-là, Jean-Luc Godard filmait A bout de souffle.
Patrick Bensard

 « Ce fut ma première idée : ne multiplions pas les ensembles ; il y en aura deux, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Les hommes entoureront un homme, les femmes une femme. Je raconterai l’histoire d’un couple. Pas un couple privilégié mais n’importe quel couple, donc le couple…Mon rêve était de créer ce ballet dans les grottes de Lascaux. J’ai lu depuis une très belle phrase d’un ethnologue : « J’ai l’intelligence néolithique ». Tel était alors l’état de mon esprit…Il fallait empêcher les danseurs d’exprimer des sentiments personnels. Il ne me fallait pas des garçons, il me fallait des cuisses, des poings, des rejets brusques de la tête. Il ne me fallait pas des bergères effarouchées ou des reines en exil, il me fallait des ventres ronds, des dos creusés. Je voulais la force animale. Je me répétais sans arrêt: « Ca doit être simple et fort ». Je prenais la vie et je la jetais sur scène. »
Maurice Béjart, Un instant dans la vie d’autrui, Flammarion, 1979

 

Le Sacre du Printemps, 
Pina Bausch, 1975, 37 min.
(captation de 1978, Réal. Pit Weyrich) Tourné au Studio de Hambourg

« Je n’avais jamais vu le Sacre auparavant. Béjart, plus tard à la télévision. Lorsque je me suis risquée à m’intéresser à des œuvres, jamais je n’aurais regardé une autre chorégraphie, consciemment bien sûr, c’est la vieille peur que cela puisse m’enfermer, je ne voulais pas voir. Je ne me suis donc occupée absolument que de Stravinski ou du thème, et naturellement j’ai écouté beaucoup, beaucoup de disques car chez nous la fosse d’orchestre était trop petite pour tant de musiciens et il est clair que nous ne pouvions pas faire une pièce avec orchestre. C’est comme cela que j’ai choisi l’enregistrement de Boulez.»
Pina Bausch, 2006, Delahaye

 

Quand ?

Dimanche 3 Mars 2013 – 11h30

Où ?

La Cinémathèque Française

5 rue de Bercy, 75012 PARIS

Salle Henri Langlois

 

Mais encore ?

Le centenaire du Sacre ne s’arrête pas là : « Le Sucre du Printemps » de Marion Muzac et Rachel Garcia est programmé les 6 et 7 mars au Théâtre National de Chaillot. A voir absolument !

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