Pour Noël deux grands ballets féériques : La belle au bois dormant de Noureev et Le Parc de Preljocaj

Les fêtes de fin d’année sont toujours un temps fort dans la programmation de l’Opéra de Paris. Cette année deux œuvres particulièrement belles sont proposées au public pour partager la féérie de Noël.

La Belle au bois dormant de Noureev

Visuel de la présentation vidéo de La Belle au Bois dormant, Opéra National de Paris tous droits réservés.

La Belle au bois dormant est une œuvre du répertoire classique. Ballet en un prologue, trois actes et cinq tableaux représenté pour la première fois le 15 janvier 1890 au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, dans une chorégraphie de Marius Petipa sur une musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski (opus 66), inspiré du conte de Charles Perrault et des frères Grimm.

Ce ballet a toujours eu une place à part dans le cœur et la carrière de Noureev, écoutons-le :

“Quand je faisais mes premiers pas à Oufa, mon maître à danser – qui avait appartenu au Kirov – me disait toujours que La Belle au bois dormant était le « ballet des ballets ». Et j’en étais gourmand à l’avance. Le Kirov, plus tard, m’a fait découvrir la splendeur du festin.

La Belle au bois dormant de Tchaikovski et de Marius Petipa représente en effet l’apogée du ballet classique : la danse s’affirme alors comme art majeur. Et cela constitue un événement historique : après La Belle, le ballet a pu attirer à lui les plus grands compositeurs qui n’ont pas hésité à travailler avec les chorégraphes.

Je crois que chaque danseur devrait prier le matin devant trois icônes : Tchaikovski – Dieu le Père, Prokoviev – le Fils,  et Stravinski – le Saint-Esprit.

Ce sont les trois musiciens qui ont donné naissance aux oeuvres les plus importantes et les plus audacieuses du répertoire du ballet.

Aujourd’hui, La Belle demeure pour moi l’accomplissement parfait de la danse symphonique. Elle exige du chorégraphe de trouver l’harmonie avec la partition de Tchaikovski. Avec La Belle, il ne s’agit pas de créer un événement sans lendemain, mais de produire un spectacle durable, qui maintienne l’excellence d’une compagnie. » Rudolf Noureev (propos recueillis en 1989).

Rudolf Noureev dans La Belle au Bois dormant site de la fondation Rudolf Noureev tous droits réservés.

Cet amour de Noureev pour La Belle explique sans doute que c’est le premier ballet qu’il dansera en Europe après sa demande d’asile politique le 16 juin 1961. Aussitôt engagé dans l’International Ballet du Marquis de Cuevas, il danse le prince de La Belle au bois dormant le 23 juin 1961, au côté de Nina Vyroubova (production du Raymondo de Larrain, au Théâtre des Champs Elysées).

Il proposera ensuite plusieurs versions du ballet modifiant sensiblement la chorégraphie initiale de Petipa.

Dans la version de 1966 donnée à la Scala de Milan, Noureev donne un rôle plus élaboré au Prince, mais garde la chorégraphie de Petipa pour les variations dévolues aux danseuses. Dansée par Carla Fracci et Noureev lui-même. Cette version sera ensuite remontée en 1971 au Palais des sports de Paris avec Noëlla Pontois puis au Ballet National du Canada en 1972 (avec Véronica Tennant), toujours dans des décors et costumes de Nicholas Giogiadis.

Noureev dans La Belle au bois dormant en 1977.

Rudolf Noureev remontera encore La Belle au London Festival Ballet en 1975 (avec Eva Evdokimova et Patricia Ruanne, en alternance) et pour l’Opéra de Vienne en 1980. Enfin pour l’Opéra de Paris en 1989.

C’est cette dernière version qui sera donnée du 4 décembre 2013 au 4 janvier 2014 à l’Opéra Bastille par les Étoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet ainsi que l’Orchestre de l’Opéra national de Paris dans des décors d’Ezio Frigerio et les magnifiques costumes de Franca Squarciapino.


La Belle au bois dormant par operadeparis

Durée du spectacle : 3H10 avec deux entractes.

Informations et réservations Opéra National de Paris.

 

Le Parc d’Angelin Preljocaj

Le Parc, Angelin Preljocaj, tous droits réservés.

Le Parc est une chorégraphie d’Angelin Preljocaj créée en 1994  pour les danseurs du Ballet de L’Opéra de Paris sur une musique empruntée à Mozart et mêlée des créations sonores de Goran Vejvoda.

Le chorégraphe s’interroge sur le cheminement des passions et la guerre des sexes. Il invite à un voyage fait de sensualité et d’intrigues, clin d’œil au marivaudage des jeux de l’amour et du hasard.

Preljocaj revisite les codes et comportements amoureux de la littérature des XVIIe et XVIIIe siècles, le tout dans un décor ultra dépouillé qui n’a de Parc que le nom. Là, dans ce lieu intemporel on joue à qui perd gagne en multipliant les stratégies galantes, entre conquêtes sentimentales et duo d’amour.

Créé le 9 avril 1994  à l’Opéra Garnier, Le Parc a été beaucoup rejoué depuis en France comme à l’étranger. L’interprétation donnée par Manuel Legris et Aurélie Dupont est restée gravée dans les mémoires.


Le Parc a reçu un Prix Benois de la danse en 1995 et le film qui en a été tourné à l’Opéra de Paris en 1999 s’est vu décerner le « Grand Prix International de Vidéo-Danse »  la même année.

C’est également un extrait du ballet qui a été choisi par Air France pour sa publicité à succès, L’Envol, qu’on vous présentait ici.

Spectacle donné au Palais Garnier du  7 au  30 décembre 2013 par les Etoiles, les Premiers danseurs et le Corps de ballet de l’Opéra de Paris.

Durée du spectacle 1h40 sans entracte.

Informations et réservations Opéra National de Paris.

 

A savoir :

Les spectacles affichent souvent complets sur le site de l’Opéra de Paris, mais sachez qu’en vous présentant aux guichets de vente les jours de représentation, 1h30 minimum avant le début du spectacle vous avez de bonnes chances d’obtenir des places toutes catégories confondues et à prix coûtant!

Image de Une, Le Parc d’Angelin Prejlocaj, crédit photo Agathe Poupeney.

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