La Permanence du Musée de la danse

Décidément Boris Charmatz continue de nous étonner et de nous plaire par ses propositions renouvelées, innovantes et qui sans cesse font bouger les lignes.

Le projet 2014 du Musée de la danse s’accompagne d’un partenariat avec le Centre national des arts plastiques pour ouvrir de façon permanente, d’où le joli nom du projet : La Permanence.

Visuel de La Permanence site du Musée de la danse de Boris Charmatz, tous droits réservés.

Le Musée de la danse soutenu par quelques structures partenaires (40mcube, Musée des Beaux-arts de Rennes, EESAB-site de Rennes, Université Rennes 2) comme à l’accoutumée le propos et les objectifs sont très clairs :

« La Permanence propose d’ouvrir en continu le Musée de la danse pendant toute l’année 2014, afin d’accomplir un désir de durée, d’accueil, de disponibilité. On pourrait simplement passer la porte, s’attarder sans qu’il y ait nécessairement de spectacle ou d’évènement particulier ; découvrir, au gré des cycles d’exposition, des vidéos, des installations ou des photos issues du fonds du CNAP ; voir, entendre et expérimenter des conférences, des dispositifs, des partitions reflétant, déformant, approfondissant les liens entre arts visuels et arts vivants.  Il ne s’agirait pas d’un musée figé, d’une concession perpétuelle, mais plutôt, à la manière d’une permanence politique, d’une cellule de veille. Les œuvres y seraient comme des balises, des aiguillages redirigeant le visiteur vers des chorégraphies rêvées, des gestes en attente, des mouvements intérieurs : une permanence intermittente, livrée à l’impatience, à la porosité, au changement, dont les coordonnées physiques et géographiques se transformeraient sans cesse – créant un réseau de tunnels entre les vastes collections du CNAP et les fantasmes de danse, de lecture, d’images et d’idées du Musée de la danse. »

La question, « Comment exposer le corps en tant que puissance de perturbation, énigme adressée à la perception ? » a permis de choisir une série d’œuvres inclassables dans les collections du CNAP :  performances ou vidéos qui toutes « prolongent, interprètent ou déplacent » l’interrogation de départ.

Édouard Levé, Pornographie, 2002 – Centre national des arts plastiques © Alexandre Levé / CNAP / photo : Galerie Loevenbruck

Histoire de l’art revisitée au fil des propositions qui loin de rassurer le spectateur l’amèneront plutôt vers une posture d’in-quiétude tant les reprises, ou réinterprétations des artistes contemporains brouillent les lignes et la vision convenues de l’art.

Pour l’ouverture deux œuvres sont convoquées : « la performance Kiss de Tino Sehgal, pendant laquelle un couple réinterprète les baisers célèbres de la peinture, et Pornographie d’Édouard Levé, élaborant une grammaire des gestes classés X. »


Edouard Levé Galerie Loevenbruck par TRIBECATV

Loin d’être figée cette permanence évolue chaque semaine en proposant au public de « découvrir une nouvelle œuvre, un nouveau rapport – comme un scénario en perpétuelle réécriture ».

avec les œuvres de : Absalon, Roger Ballen, John Coplans, Guillaume Désanges (avec la collaboration de Frédéric Cherbœuf), Joachim Koester, Edouard Levé, Aernout Mik, Tino Sehgal.

télécharger le programme au format pdf

A noter un colloque organisé du 5 au 7 février sur le thème : Rejouer la performance : colloque, performances, expositions, dance floor

« De l’archive au reenactment : Les enjeux des (ex)positions de la performance
Entre archiver, rejouer et exposer, quels sont les enjeux des pratiques curatoriales de la performance ? Ce colloque souhaite aborder les différentes modalités d’ex-position de la performance, que ce soit sous une forme
documentaire ou sous une forme performative ; et engager de cette manière une réflexion sur les tenants et aboutissants de ce qui consiste en quelque sorte à « commissarier » l’art de la performance.
colloque organisé par : Nathalie Boulouch, Marie Quiblier et Céline Roux, équipe Histoire et critique des arts, en collaboration avec le Musée de la danse. »

Dans le cadre de ce colloque le mercredi 5 février à 18h-19h-20h la pièce (sans titre) (2000) de Tino Sehgal sera proposée en 3 versions :

avec Andrew Hardwidge (18h), Frank Willens (19h), Boris Charmatz (20h)

Créée il y a treize ans, la pièce expose la  « danse scénique » du XXe siècle, transposant les pratiques chorégraphiques et les visions du corps qui y sont associées.
Vernissage de La Permanence # 1 à l’issue des performances
5-15€, réservations : info@museedeladanse.org

Télécharger le programme complet du colloque

+ Musée de la danse / St Melaine, Rennes

Ouverture : mar. 14h-18h, mer.-sam. 14h-19h, fermé dim. et lun.  Tout public, gratuit.

 

Image de Une, photographie de Kiss performance proposée par Tino Sehgal – Guggenheim de New York, Photo june’s flickr.

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