Bartabas / Carlson, “We were horses” – à La Villette

A ceux qui s’attendaient à voir les danseurs du Centre Chorégraphiques National de Roubaix transformés en centaures,  ce n’est pas encore pour tout de suite. Certains seront déçus : point d’interaction “physique” entre les cavaliers et les danseurs.  Le résultat, débarrassé de toute volonté spectaculaire, n’en est que plus subtil et efficace du point de vue émotionnel.

We were horses – © Yoshi Omori

Ballet pour chevaux et danseurs traitant de notre animalité perdue, We were horses prend place dans une scénographie intelligente basée sur le cercle. La scène centrale, ronde, est entourée d’un cirque de terre battue, lui même encadré par deux blocs de gradins face à face.

Sur l’ilot, Carolyn Carlson déploie grâce à ses seize danseurs une sensualité hypnotique, portée par la pièce Music in Twelve Parts de Philippe Glass. Les cheveux détachés caressent les lignes fluides dans des rondes et corps à corps organiques. Tout est courbes, cercles hypnotiques répétés, inversés, dupliqués comme une incantation sauvage : c’est la saison des sacres.

Autour d’eux, avec la maitrise et l’intimité fusionnelle de créatures mi-hommes mi-animales, les neuf cavaliers (dont 8 cavalières) de Bartabas évoluent en tourbillons et forment comme un creuset d’énergie pour les danseurs. De l’extérieur vers le centre, superpositions et contrepoint de peaux et pelages réveillent l’inconscient du spectateur.

D’abord confrontation, l’échange se transforme en dialogue d’impulsions, de directions. Les territoires s’ouvrent jusque dans les disciplines lorsque les cavalières, dirigeant leur monture de leurs reins nous offrent des ports de bras de danseuses amazones.

We were horses – tous droits réservés

Au final, si certaines expressions des danseurs flirtent avec le cliché tant elles sont empruntées au chevaux, l’ensemble reste plein d’une fougue non pas copiée sur, mais transmise et amplifiée par la présence de ces animaux.

Dressage oblige, on regrettera quand même un triste paradoxe : ce sont les cheveux, vecteurs de cette liberté jouissive, qui semblent dans cette histoire les plus brimés. Rongeant leur mord au trot, tête baissé, ce n’est qu’a partir de la moitié du spectacle qu’ils sont enfin libérés dans un gallot maitrisé mais salutaire.

Bartabas à la Villette c’est aussi…

Une série de duos: Bartabas improvise avec

L’artiste invite chaque soir un artiste complice à partager un moment particulier de l’éphémère et de  l’exceptionnel. Avec ses chevaux il dévoile un instant d’intimité réinventé chaque soir par la vertu de la rencontre, de l’élégance et du risque, avec successivement Kudsi Ergüner et Taghi Akhbarî, Jean-Guihen Queyras, Michel Onfray, Jean-Pierre Drouet, Alexandre Tharaud.

© Antoine Poupel

Où ?

Grande halle de la villette : Métro Porte de Pantin, XIXe. Paris.

Quand ?

We were horses7 – 23 juin/ Bartabas improvise avec… 25 – 30 juin/ mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h30 – dimanche à 16h

Combien ?

32 € – tarif réduit 26 € – villette jeunes (- 26 ans), minima sociaux et Carte villette 22 €

Réservation :

villette.com • 01 40 03 75 75
magasins fnac, 08 92 68 36 22, fnac.com et points de vente habituels
info-résa groupes 01 40 03 74 82

 

Photo de Une : “We were horses”, Parc de la Villette, tous droits réservés.

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