Festival Bien fait ! 2019

Pour cette quatrième édition de Bien faits ! Christophe Martin propose d’accueillir à micadanses des chorégraphes qui ont tous été accueillis en résidence et qui ont participé à la vie de la maison, le studio devient scène après avoir été lieu de travail et de création, une façon, comme il dit de “dé et re-mythifié” un espace “où la présence des corps et de ce qui les anime se déploient sans chichi, de manière plus brute, dans un réel échange, rapproché. Au plus près.” Dans cet espace pendant la durée du festival chaque soir accueillera deux chorégraphes permettant aux spectateurs de découvrir la richesse et la diversité de la jeune danse contemporaine.

Agenda des spectacles

Lundi 16 septembre à 20h

Traces, Eva Klimackova (c) f.a.

Eva Klimackova TRACES

Chorégraphie : Eva Klimackova. Danse : Céline Angibaud, Eva Klimackova, Fabien Almakiewicz. Musique : Vincent Epplay. Lumières : Yann Le Bras.

TRACES est un dispositif où trois corps partagent un espace-temps dilaté et sensoriel, qui invite le spectateur à un état particulier de perceptions. La relation entre les danseurs existe par la qualité d’écoute et la qualité tactile de l’espace entre eux. Dans cette nouvelle pièce je continue à affirmer une écriture très épurée, où le corps devient un objet d’art, matière plastique, modulable, malléable…étrange. C’est une invitation à lire un corps comme un langage en soi, où la physicalité nue parle de l’humain. Humain par la qualité de présence.

Midi sans paupière, Carole Quettier (c) DR.

Carole Quettier Midi sans paupière création

Chorégraphie et interprétation : Carole Quettier. Costumes : Catherine Garnier. Lumières : Manuella Rondeau. Musiques : Arnold Schoenberg, Wolfgang Amadeus Mozart, Franz Schubert, Sergei Prokofiev.

A l’origine, il y a La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne. Le récit d’un croisement de personnages aux prises avec les normes d’une société, d’un ordre, qui assènent sentences et humiliations, par ignorance, dogme et moralisme. La danse tentera, par ses orientations et ses dérives, de rendre sensible l’expérience de cette lecture. Entre les lignes du textes, entre ses traits d’existences délibérément soumises, docilement asservies ou génialement libres, la danse cherchera son autre lieu, celui du détachement qui lui revient en propre. Assumer ce peu de certitude dans le déploiement d’un geste désarmé, soutenir la folle exposition d’une reprise de souffle. Un geste comme une larme espérant tomber sans crainte devant témoin. Absente de toute indifférence et de toute résignation, elle chercherait les fragments d’une fragile consolation, « cette promesse d’altérité qui ôte à la souffrance son apparence de destin » (Michaël Foessel). La danse tenterait ainsi de rendre justice à sa manière, là où aucune instance ne saurait la faire taire, de retrouver l’éclat d’une urgence à vivre intensément.

Mercredi 18 septembre à 20h

H H H, Thibaut Eiferman (c) Damien Blottière.

Thibaut Eiferman H H H

Chorégraphie et interprétation : Thibaut Eiferman.

Depuis sa création en 2018 pour l’atelier chorégraphique du Batsheva Ensemble, H H H remporte la première place au concours international Machol Shalem de Jérusalem et se fait sélectionner pour de nombreux concours en Europe. Influencée par une interview de Patti Smith dans les années 1970, la pièce est un commentaire sur les interdits sociaux et les représentations stéréotypées de la liberté. Elle sert aussi de commentaire sur les formes d’abus qu’éprouvent les danseurs et autres artistes. On nous fait souvent croire que nous devrions réparer nos défauts plutôt que d’accepter ce qui nous rend individu. Nous sommes subtilement et régulièrement forcés à l’homogénéité afin d’être reconnus par des codes sociaux et à correspondre aux attentes des autres. Mais si je dois me simplifier pour être vu, puis-je aussi m’exagérer pour m’en sortir?

Utilisant un ensemble de références rarement associées les unes aux autres, H H H livre un message universel qui n’est plus défini par des codes culturels partagés mais par le commun de l’expérience humaine.

Holy, Edmond Russo & Shlomi Tuizer, Cie Affari Esteri (c) Agathe Poupeney.

Edmond Russo et Shlomi Tuizer Holy

Chorégraphie : Edmond Russo et Shlomi Tuizer. Interprète : Shlomi Tuizer. Texte : Howl, Allen Ginsberg (HOWL AND OTHER POEMS by Allen Ginsberg Copyright © 1956, Allen Ginsberg). Composition et mise en son Jérôme Tuncer. Création lumière : Laurence Halloy. Musique : The Fall, Pixies, R.E.M, Sufjan Stevens. Regard extérieur : Emilie Cornillot.

Holy est inspiré par le poème emblématique « Howl » du poète américain Allen Ginsberg.

Ecrit en 1955, Howl a été qualifié d’ »obscène » ; Lawrence Ferlinghetti, poète, et Shigeyoshi Murao, directeur de la librairie City Lights Books, furent arrêtés et inculpés pour sa publication. Le 3 octobre 1957, le juge Clayton W. Horn rendit un arrêt affirmant le contraire, ce qui permit à Howl de continuer à être diffusé et de devenir le poème le plus réputé de la Beat Generation. Le poème de Ginsberg est une protestation, un hurlement (a howl) de colère contre le conformisme écrasant l’âme, un hymne à la sainteté de tout ce qui touche le corps et l’esprit humain.

À la fois sombre et lumineux, le solo Holy est un manifeste de révolte et un acte personnel de résistance, mais aussi une quête de dépassement et de réconciliation. L’acte chorégraphique tend vers une expérience poétique imprégnée d’une histoire et d’un patrimoine personnels. Il exprime la complexité, la multiplicité et la richesse de l’identité, de même que le poème de Ginsberg est à la fois universel et très intime. Avec Holy, Edmond Russo & Shlomi Tuizer questionnent la volonté et la capacité de l’être à déplacer, à transformer la gravité en une sensation d’élan et de suspension.

Lundi 23 septembre à 20h

Offrande, Mié Coquempot (c) K622.

Mié Coquempot Offrande avant-première – extraits

Chorégraphie : Mié Coquempot. Six interprètes des compagnies K622, Fêtes Galantes et du CCN Ballet de l’Opera national du Rhin. Musique Offrande Musicale de Jean-Sébastien Bach – BWV 1079. Notatrice et assistante à la chorégraphie Maud Pizon / Régie Générale Christophe Poux. Production : Lucie Mollier.

K622 présente en avant-première un extrait d’Offrande, pièce collaborative en cours de création. Une petite mélodie pour la flûte, telle est l’origine de l’immense Offrande Musicale de Jean-Sébastien Bach (BWV 1079).
De cette mélodie, un fil se tire, puis un autre, et encore d’autres, qui, tissés entre eux, forment des étoffes aux trames composées plus ou moins complexes, sophistiquées, libres. Un savant tressage prend corps, révélant un tour de force et de démonstration de l’art du contrepoint dans un immense registre d’écritures aux élégantes couleurs et textures.

[…] En poussant davantage l’analogie, et pour prolonger son exploration de la musique dite «abstraite » de Bach, Mié Coquempot invite Bruno Bouché (CCN Ballet de l’Opéra national du Rhin) et Béatrice Massin (Fêtes Galantes) à partager cette création chorégraphique en prenant source dans la structure même de l’Offrande musicale. Les trois chorégraphes ont en commun de porter haut la question de la musique dans leurs créations et de travailler le mouvement en relation étroite avec celle-ci. Le mouvement dansé aussi, chez chacun d’entre eux, qu’il soit issu des écritures baroque, contemporaine ou classique est le commencement et la finalité.

Offrande est ainsi un regard croisé et multivoque sur l’oeuvre pour mettre en lumière son immense complexité et son mystère, mais aussi un exemple singulier de coopération artistique.

Nina Vallon et Aurélien Richard SCORE #1 Récital création

Chorégraphie et interprétation : Nina Vallon. Piano : Aurélien Richard. Répertoire musical : Pierre Boulez, Douze Notations pour piano / J.-S. Bach, Chaconne pour violon seul transcription Ferruccio Busoni.

Ce projet s’articule autour d’un dispositif très simple : une danseuse/chorégraphe et un pianiste/compositeur. Dans cette pièce 100% live, virtuosité, rigueur et liberté d’interprétation se mélangent pour créer une œuvre originale qui place la question de la transposition partitionnelle au cœur du travail. De toutes les formes artistiques, c’est la musique qui m’a le plus poussée vers la danse. Elle a toujours joué un rôle très important dans mon travail. Bien que chaque pièce ait son propre univers d’écriture et appelle une méthode particulière de composition, au fond, la musique m’a toujours guidée. D’un côté il y a le plaisir, tout simplement, de danser avec ou sur la musique et, de l’autre, la richesse des procédés d’écriture musicale dont j’ai pu m’inspirer pour chorégraphier et composer ma danse. L’idée du récital vient d’une envie de retrouver une certaine forme de générosité dans un rapport simple entre la danse, la musique et le public. L’enjeu est de sincèrement et tout simplement danser et jouer pour les personnes présentes. De partager notre passion pour ces disciplines que nous pratiquons, tous les deux, depuis notre enfance. La danse et la musique font partie de nos vies, bien au-delà du fait qu’elles constituent, aujourd’hui, nos métiers.

Mercredi 25 septembre à 20h

O.K., Florence Casanave (c) Catherine Maryhoudin.

Florence Casanave O .K .

Chorégraphie et interprétation : Florence Casanave. Création musique et dispositif sonore : Florent Colautti. Musique Johann Sebastian Bach – Le clavier bien tempéré, livre 1, Fugue n°4 et n°12, interprété au clavecin par Blandine Verlet. Conception scénographie : Florence Casanave et Florent Colautti. Lumière et régie : Gweltaz Chauviré. Construction scénographie : Yann Lemaitre. Costume : Mélanie Clénet. Source Hoketus (Remix), Aurélien Richard. Production-diffusion Yulizh Bouillard.

O.K., pour «ZerO Killed». C’est un des messages que s’échangent à intervalles irréguliers le musicien Florent Colautti et la danseuse Florence Casanave.

Comme pour se rassurer…

La transmission est établie par signal vibratoire grâce à un sobre objet de bois et de métal aux propriétés mystérieuses : une « table-harpe-magique ». Cette table fait aussi résonner dans l’éther les harmonies de Jean-Sébastien Bach, et vient supporter ou sublimer la danse. Dans un jeu sensuel, liberté et contrainte, mécanique et organique, savoir et instinct s’hybrident en un large spectre de combinaisons imprédictibles. A l’instar des deux artistes, le spectateur résiste ou s’abandonne tour à tour aux vagues de sons et d’images qui lui sont proposées.

Maintenant, oui, Gaël Sesboũé (c) Alain Monot.

Gaël Sesboüé Maintenant, oui

Chorégraphie, conception et direction artistique : Gaël Sesboüé. Danseurs : Carole Perdereau, Annabelle Pulcini, Jérôme Andrieu, Alexandre Thery. Mise en son : Vincent Raude. Création lumières : Bénédicte Michaud. Création costumes : Stefani Gicquiaud. Chargée de production : Marion Cachan.

Maintenir. Le oui. Maintenant. Participe présent du verbe maintenir. Participer à. L’écriture. Du présent. Participer de. L’écriture. De notre présent. Par le oui. Par son maintien. Dans un mouvement qui tient. Jusqu’à maintenant. Par le oui. Par son action. Pour dire l’ouvert et le mouvement qui va. Pour dire la persévérance. L’urgence et l’affirmation. Marc Perrin, in revue Ce qui secret, 2010.

Gaël Sesboüé est danseur et chorégraphe. Codirecteur de l’association Lola Gatt à Brest, il défend une approche minimaliste du mouvement aussi bien dans sa forme que dans son essence. Toujours à la recherche de nouveaux défis perceptifs, son parcours est traversé par la pluridisciplinarité et les « langages » de l’art contemporain. A partir d’une partition de mouvements simples, Maintenant, oui, pièce pour quatre interprètes, fonctionne comme une métaphore de notre quotidien, de nos actions et déplacements, amenés à se répéter chaque jour et pourtant, chaque jour différents. Par la reprise et la réinvention de la partition, le chorégraphe questionne les cadres qui balisent notre quotidien afin d’en faire jouer les limites pour permettre de nouveaux possibles.

Vendredi 27 septembre à 20h

Portrait de groupe avec femme(s), Claire Durand Drouhin (c) Alex Queval.

Claire Durand Drouhin Portrait de groupe avec femme(s)

Chorégraphie : Claire Durand-Drouhin. Interprètes : Pauline Bigot, Claire Durand-Drouhin, Inés Hernandez, Haruka Miyamoto, Jyotsna Liyanaratne. Musique : Mohsen Taherzadeh Angel dance, Hossein Alizadeh Leila han Daf Cooperman. Création 2018-2020 en 2 volets.

Danser, avec les pulsions de vie et les pulsions de mort à l’intérieur de moi, femme et multiple. Cinq femmes dansent un mouvement d’ensemble au son du Daf, percussion d’origine millénaire aux innombrables sonorités. Plus que la forme et le mouvement synchronisé, c’est un état et une sensation qui sont partagés entre ces femmes unies par le souffle. C’est une danse très rythmée et très engagée pour chaque interprète qui puise sa force dans sa perception d’être femme, son vécu de femme, sa chair de femme.

« Être moins libre qu’un homme tout en ayant autant de droits. Être subordonnée m’est impossible. Je revendique un pouvoir et une marge de manœuvre au lieu d’être maintenue à une place déterminée du fait de la nature des corps et des êtres, du fait d’être mère, épouse et femme. Constat d’une femme sur la récurrente prise de possession de son temps et de son espace propre, bataille quotidienne qui se joue en sourdine, en soi, avec et contre soi. Toutefois, le message de cette chorégraphie n’est pas intellectuel. Il est physique et remonte comme la sève d’un arbre en impulsant à mon corps une énergie libératrice. »

Etudes wigmaniennes, Aurélie Bertrand (c) Charlène Yves.

Aurélie Berland Études wigmaniennes création

Chorégraphe : Gundel Eplinius (1920-2007), élève de Mary Wigman à Dresde entre 1937 et 1939. Reconstruction et transmission : Aurélie Berland. Interprétation : Anne-Sophie Lancelin. Musique: montage pour métronome, 7ème Symphonie en A majeur, Op. 92 de Ludwig Van Beethoven (dirigé en live en 1943 par Wilhelm Furtwängler) et des extraits des Carmina Burana de Carl Orff (dirigés par Eugen Jochum en 1968) (Extrait de la création en cours Les statues meurent aussi pour cinq danseuses).

« « C’est que le peuple des statues est mortel. Un jour, nos visages de pierre se décomposent à leur tour. Les civilisations laissent derrière elle ces traces mutilées, comme les cailloux du Petit Poucet. Mais l’histoire a tout mangé. Un objet est mort quand le regard vivant qui se posait sur lui disparu. »Chris Marker.

Les statues meurent aussi emprunte son titre au film de Chris Marker, introduit par cette citation. Le regard non résigné de cette sentence de disparition à ce qui semble immortel, invite à une lecture critique et sensible sans cesse renouvelée des forces et des récits que véhiculent ces traces décontextualisées, exposées aux intempéries de l’histoire.

Par son appropriation créative du magma des archives partitionnelles de la danse moderne allemande, Aurélie Berland suscite avec Les statues meurent aussi la cristallisation de formes inédites et de gestes redécouverts témoignant de l’histoire du corps et de ses échos dans notre mémoire ainsi attisée – mémoire tant individuelle que collective, dont cette collection particulière de danses et d’exercices actualise les lignes claires et les perspectives qu’elles dessinent à travers le temps.

Un trio à partir des recherches de Rudolf Laban (1879-1958) et Irmgard Bartenieff (1900-1981) précède un solo qui traverse des exercices de gymnastique rythmique de Dorothee Günther (1896-1975) et un duo, enfin, se déploie à partir d’études de Gundel Eplinius (1920-2007), élève de Mary Wigman (1886-1973).

Où et quand ?

Festival Bien fait ! du 16 au 27 septembre 2019 à Micadanses, studio MAY B – 15, rue Geoffroy l’Asnier – 75004 Paris

Réservations : 01 72 38 83 77, contact communication@micadanses.fr

Billetterie en ligne ici !
Image de Une, visuel du festival Bien faits ! 2019 tous droits réservés.

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