Pierre Pontvianne et le Ballet de l’Opéra de Lyon

La nouvelle création de Pierre Pontvianne, l’emmène dans le contexte institutionnel de l’Opéra de Lyon qui lui a commandé une création . Le chorégraphe a bien voulu échanger sur ce travail en cours. Nouveau contexte, rencontre avec de nouveaux interprètes, et en définitive nouvelle aventure collective. Pierre Pontvianne la trouve inspirante, parce qu’elle lui permet de se re-confronter au processus de création, de l’affiner  d’une manière différente que dans ces précédentes créations. Ici, il s’agit d’une nouvelle rencontre avec 11 danseurs à découvrir. Le chorégraphe parle de “creuser le même sillon en se laissant surprendre par le contexte de création”. Pas de dossier préconçu, pas de projection, Pierre dit : ”n’être jamais plus loin que là où il a creusé”.

Il s’appuie sur l’actualité du processus et l’actualité du monde pour nourrir sa pièce, il ne nomme rien laissant le mystère entier. On apprendra au détour d’une pensée qu’un petit texte qu’il a écrit sous-tend son écriture chorégraphique, un corps à corps où animalité et humanité se confrontent, où la question de tenir ensemble se pose. Une danse très écrite, virtuose dans la qualité d’écoute demandée aux interprètes et la fulgurance des gestes, en contrepoint aux images fixes qui figent les corps. 

Une volonté de garder la générosité de la danse en combinant le populaire et la radicalité, en reliant un quotidien avec l’exigence de la danse. Le chorégraphe aime cette idée que la danse résonne et raisonne afin d’éviter le double piège de l’esthétisation pure ou du discours sur … qui oublie la danse. 

Se situant toujours à ce point de convergence entre politique et poétique, il réaffirme la nécessité de dialogue avec ses interprètes, pour lui, ce dernier doit se situer entre performance et évanescence, il doit agir au plateau ; comme le chorégraphe, il doit se concentrer sur une zone où l’on peut encore dire des choses par le mouvement. Un créateur en tension et en résistance, c’est toujours le sentiment qui perdure après un échange avec Pierre Pontvianne. Artiste sensible et lucide, il décrit sa danse faite de tension et d’émotion, en tant que spectateur je dirai qu’elle crée un choc entre violence et beauté, un télescopage entre les conflits humains et la capacité de l’art à les transcender. Chorégraphe exigeant et pragmatique, Pierre Pontvianne aime superposer des environnements de lumière et de sons à sa chorégraphie et lorsqu’au final toutes ces choses convergent au plateau le présent se révèle…

Cette inscription de l’œuvre dans la simultanéité de son exécution implique pour son auteur une forme de résistance à en parler, car c’est bien dans la représentation-même que s’établit un rapport irremplaçable entre le spectateur et l’œuvre.
Posture courageuse et radicale, que nous respectons ici, de BEASTS nous savons peu et nous avons envie de tout voir, pour cela rendez-vous les 28, 29 et 30 avril au Tobbogan à Décines.
En attendant, on retrouve le travail de Pierre Pontvianne dans divers festivals : MASS dont nous vous avions parlé ici et est en tournée :

14 mars 2020 Maison de la Danse de Lyon – Festival Sens dessus-dessous- FR

18 au 20 mars 2020 Théâtre de la Ville de Paris – Les Abbesses – FR

A suivre 

BEASTS création 2020,Pierre Pontvianne

Pour en savoir plus sur le travail de Pierre Pontvianne c’est ici !

Image de Une, portrait de Pierre Pontvianne ©Pierre Grasset.

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