Archipel Maguy Marin à la Maison de la Danse

 

La Maison de la danse consacre cette année son Archipel à Maguy Marin du 29 février au 24 mars, le public est invité à découvrir une pièce mythique, une pièce récente et un solo.

Après Carolyn Carlson, Jean-Claude Gallotta et Philippe Decouflé, c’est Maguy Marin, autre figure incontournable du paysage chorégraphique contemporain qui est invitée cette saison. Parmi les œuvres  de Maguy Marin où la danse, le texte, le théâtre et la musique s’interrogent mutuellement  la Maison de la Danse a choisi de  présenter une œuvre emblématique du répertoire contemporain May B, la reprise de la création de la dernière Biennale de la Danse, BiT, et un solo conçu pour le comédien David Mambouch, Singspiele. Trois œuvres significatives de l’apport de la chorégraphe et de son parcours singulier.

 

Cet archipel se déroulera dans trois lieux différentsMay B du 29 février au 2 mars à la Maison de la Danse  / BiT les 4 et 5 mars au Toboggan de Décines  / Singspiele les 16 et 24 mars au TNP – petit théâtre / Tarif : de 9 à 29 euros

 Programme

May B

Lundi 29 février à 19h30/Mardi 1er mars à 20h30/Mercredi 2 mars à 19h30 à la Maison de la Danse

May B / création 1981

Chorégraphie : Maguy Marin.Musiques originales : Franz Schubert, Gilles de Binche, Gavin Bryars. Costumes : Louise Marin.10 interprètes. Durée 1h30

«Ce travail sur l’œuvre de Samuel Beckett, dont la gestuelle et l’atmosphère théâtrale sont en contradiction avec la performance physique et esthétique du danseur, a été pour nous la base d’un déchiffrage secret de nos gestes les plus intimes, les plus cachés, les plus ignorés.

Arriver à déceler ces gestes minuscules ou grandioses, de multitudes de vies à peine perceptibles, banales, où l’attente et l’immobilité « pas tout à fait » immobile laissent un vide, un rien immense, une plage de silences pleins d’hésitations.

Quand les personnages de Beckett n’aspirent qu’à l’immobilité, ils ne peuvent s’empêcher de bouger, peu ou beaucoup, mais ils bougent.

Dans ce travail, à priori théâtral, l’intérêt pour nous a été de développer non pas le mot ou la parole, mais le geste dans sa forme éclatée, cherchant ainsi le point de rencontre entre, d’une part la gestuelle rétrécie théâtrale et, d’autre part, la danse et le langage chorégraphique.» Maguy Marin

 

BiT / création 2014

Vendredi 4 mars à 20h30/Samedi 5 mars à 20h30 au Toboggan à Décines

Conception : Maguy Marin, en étroite collaboration avec Ulises Alvarez, Kaïs Chouibi, Laura Frigato, Daphné Koutsafti, Mayalen Otondo, Cathy Polo, Ennio Sammarco. Interpètes : Ulises Alvarez, Kaïs Chouibi, Laura Frigato, Daphné Koutsafti, Cathy Polo, Ennio Sammarco. Direction technique et lumières : Alexandre Béneteaud. Musique : Charlie Aubry. Éléments de décors et accessoires : Louise Gros et Laura Pignon. Réalisation des costumes : Nelly Geyres assisté de Raphaël Lo Bello. Son : Antoine Garry et Loïc Goubet. Régie plateau : Albin Chavignon. Dispositif scénique la compagnie : Maguy Marin.

BiT@D.GRAPPE
BiT, Maguy Marin @D.GRAPPE

« Au départ, il y a le rythme. J’ai commencé à construire la pièce très tard alors que ça faisait plusieurs semaines qu’on travaillait sur le rythme, ça m’a permis de travailler sans projection. Travailler sur le rythme c’est un travail de dentelle, et le fait d’être dans une telle complexité évite de projeter des images ou des intentions. Le ressenti arrive ensuite. Si je réfléchis, il y a toujours des questions mathématiques à la base de mon travail, ça commence par là, par des questions de durée, de temps. Ça ne commence que par là en fait. Le vivant se reconstitue à partir de quelque chose d’abstrait, qui n’a rien de naturel. Tout mon travail est sous-tendu par des choses complexes, j’ai besoin de m’appuyer sur un maillage invisible – que je rends invisible – mais précis, qui sous-tend tout le rapport entre les éléments du spectacle, les corps, etc… et sur lequel je peux construire. La liberté vient après. Mais d’abord c’est un long travail de répétition, on refait encore et encore. A force de faire, le corps se fond dans le mouvement… C’est comme avec des chaussures neuves, elles se font au pied petit à petit, et au bout d’un moment, elles sont vraiment à toi. »

Extrait de l’entretien avec Maguy Marin, réalisé à quelques jours de la création de BiT. Propos recueillis par Bénédicte Namont et Stéphane Boitel, Théâtre Garonne – Toulouse août 2014

 

Singspiele/ création 2014

Mercredi 16 mars à 20h30/Jeudi 17 mars à 20h30/Vendredi 18 mars à 20h30 */Samedi 19 mars à 20h30 */Lundi 21 mars à 20h30 */Mardi 22 mars à 20h30 */Mercredi 23 mars à 20h30*/Jeudi 24 mars à 20h30*Au TNP / Petit théâtre – Villeurbanne

* réservations uniquement au TNP pour ces représentations

Conception : Maguy Marin. Interprétation : David Mambouch. Scénographie : Benjamin Lebreton. Lumières : Alex Bénéteaud. Création sonore : David Mambouch. Son : Antoine Garry. Aide à la réalisation des costumes : Nelly Geyres. Durée : 1 heure

Singspiele, Maguy Marin David Wambouch_┬®S. Rouaud
Singspiele, Maguy Marin, David Mambouch_┬®S. Rouaud.

« L’histoire de chacun se fait à travers le besoin d’être reconnu sans limite ; l’amitié désigne cette capacité infinie de reconnaissance. Imaginer que ce besoin soit constamment celui d’autrui, que l’autre comme nous même soit livré à cette exigence et acharné à obtenir réponse, qu’il se dévore lui-même et qu’il soit comme une bête si la réponse ne vient pas, c’est à quoi on devrait s’obliger et c’est l’enfer de la vie quand on y manque. Le chemin de la reconnaissance, c’est l’infini : on fait deux pas, on-ne-peut-pas-tout-faire, mais personne n’ose justifier autrement que par un petit cynisme le recul devant une telle tâche… »*

C’est à partir de ce fragment d’un texte de Robert Antelme que nous avons voulu dans ce travail donner place et attention à des visages, anonymes ou reconnaissables, qui, apparaissant, captent notre regard avec l’étrangeté d’une perception, inintelligible dans l’immédiat. Travail d’écoute de ce que précisément ou confusément ces visages nous disent de leurs corps absents, l’histoire particulière que ces visages muets portent, et qui nous échappera toujours. Ils nous parlent d’un lieu que J.L.Nancy nomme « le parler du manque de parole », un lieu « d’avant ou d’après la parole » **

* Robert Antelme : Les principes à l’épreuve, article paru le 14 juillet 1958 dans la revue « le 14 juillet » créé par Dionys Mascolo et Jean Schuster repris dans « Robert Antelme – textes inédits sur « L’espèce humaine » essais et témoignages » – éditions Gallimard-

** Nancy, J.-L., Penser l’image, Paris, Les Presses du réel, 2010. p. 68-69

A noter pour ceux qui n’habitent pas la région lyonnaise la retransmission en direct de Bit  sur Arteconcert le samedi 5 mars à 20h30.

Pour en savoir plus c’est ici.

Image de Une, May B, Maguy Marin crédit photo ┬®Claude Bricage.

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