Vivat la danse : rituels pour conjurer la peur

La 19ème édition du festival Vivat la danse s’ouvre sous les auspices des « sacrés, profanes et autres rituels pour conjurer la peur ». Le festival invite à découvrir « des chants, des danses et des textes traversant les corps, […] une farandole de rites profanes ou sacrés. Comme une tentative de réponse poétique à nos peurs face à un monde bouleversé. »

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C’est donc en complicité avec l’artiste Latifa Laâbissi dont le travail bouscule les codes de la danse et les frontières entre les arts que l’édition 2016 a été préparée. Pièces, installations, conférences performées, collaborations pluridisciplinaires font partie de son paysage sensible et créatif. Elle apporte sa réponse à nos peurs ou interrogations avec trois propositions : Pourvu qu’on ait l’ivresse, Écran Somnambule et La part du rite.

Portrait de Latifa Laâbissi, par Caroline Ablain, Rennes, Juin 2010.
Portrait de Latifa Laâbissi, par Caroline Ablain, Rennes, Juin 2010.

Une exploration de la création chorégraphique contemporaine

Fidèle à son exploration des champs transdisciplinaires et aux formes émergentes de la création contemporaine Vivat la danse ! accompagne sur la durée certains artistes en leur offrant des espaces de création ou de coproduction depuis sa création plus de 200200 artistes chorégraphiques y ont été programmés parmi lesquels : Christian Rizzo, Boris Charmatz, Mark Tompkins, Claire Croizé, Alain Buffard, Julie Nioche, Tiago Guedes, Herman Diephuis, Anne Collod, Raimund Hoghe, Vincent Dupont, Gaëlle Bourges. Certains sont présents cette année encore.

Vivat la danse ! développe la circulation des publics et l’irrigation des territoires grâce à la complicité d’autres lieux de l’Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai en permettant le déplacement de nombreux spectacles au-delà des murs du Vivat.

Programmation du festival

Le 21janvier à 20h00, Lascaux de Gaëlle Bourges, Coop du lycée Gustave Eiffel, 96 rue Jules Lebleu / Armentières.

 Lascaux, Gaëlle Bourges (c) Agnès Butet.

Lascaux, Gaëlle Bourges (c) Agnès Butet.

Lascaux, est une nouvelle fantaisie à inscrire dans la série des « petites histoires de l’œil » que Gaëlle Bourges se plaît à essaimer sur son parcours, une visite guidée et chorégraphiée de la grotte de Lascaux pour se rapprocher de l’origine du monde.

Projet chorégraphique, récit Gaëlle Bourges. Danse, manipulation des images Gaëlle Bourges, Arnaud de la Celle, Abigail Fowler, Stéphane Monteiro. Création musique, régie générale Stéphane Monteiro alias XtroniK. Création lumière Abigail Fowler.

Le 21janvier à 21h30, En dépit de la distance qui nous sépare, Arnaud Saury, Théâtre le Vivat, 4 Place Saint-Vaast, 59280 Armentières.

EN DEPIT DE LA DISTANCE QUI NOUS SEPARE - Andres Donadio
En dépit de la distance qui nous sépare, Arnaud Saury (c)Andres Donadio

Entre délire et extase une approche par l’absurde de la condition mystique ou tout simplement humaine, qu’est-ce qui peut bien rapprocher Sainte Thérèse de Lisieux, Louise du Néant, Daniel Paul Schreber, Ibn ’Arabî…ratage ou extase, le vertige est toujours proche.

Conception Arnaud Saury / Mathieu Ma Fille Foundation. De et avec Arnaud Saury, Manuel Coursin, Youness Aboulakoul. Lumiere Bruno Faucher. Conception sonore Manuel Coursin. Assistant Julian Blight. Flashcritique à l’issue de la représentation.

Le 22 janvier à 20h, Influences of a closet chant, Albert Khoza, Garage/Théâtre de l’Oiseau Mouche/Roubaix. Départ en bus du Vivat 18h30.

Influences of a closet chant, Albert Khoza tous droits réservés.
Influences of a closet chant, Albert Khoza tous droits réservés.

Performance solo incantatoire, inspirée du rituel de Sangoma, guérisseur traditionnel capable d’invoquer les ancêtres par la danse, les chants et la musique. « Une invitation à considérer l’art comme un moyen de lutter contre les forces de marginalisation et d’exclusion. »

Choregraphie et interpretation Albert Silindokuhle Ibokwe Khoza. Musique Thabang Tabane et Malombo, Cinematic Orchestra, Madonsini, Izangomazika Dabulamanzi, Zim Nqawana.

Le 22 janvier à 21h, Pourvu qu’on ait l’ivresse, Latifa Laâbissi, Garage/Théâtre de l’Oiseau Mouche/Roubaix. Départ en bus du Vivat 18h30.

« Élaborant depuis 2006 des « machines de visions » au fort pouvoir dramaturgique, Nadia Lauro et Latifa Laâbissi signent cette nouvelle pièce ensemble, avec l’envie de mêler leurs champs d’influence et « d’ouvrir l’espace à l’action et l’action à l’espace ». Avec la collaboration de cinq comédiens de la Compagnie de l’Oiseau-Mouche (Roubaix), Pourvu qu’on ait l’ivresse s’appréhende comme une dernière danse rituelle, celle qui compte par son insistance et son irréversible détermination à avoir lieu. »

Conception et realisation Latifa Laâbissi et Nadia Lauro. Avec Jonathan Allart, David Amelot, Jessicat Batut, Caroline Leman, Hervé Lemeunier, Paula Pi, Florian Spiry. Lumiere Yves Godin. Son Manuel Coursin. Regie lumiere Anthony Merlaud. Diffusion sonore Jérémie Sananes.

Le 23 janvier à la Maison des artistes, Armentières.

16h30 et 18h Suite pour Otte, court métrage de Laetitia Doat.

Solo de Laetitia Doat, créé in situ à la Maison des artistes lors de sa résidence en juin 2015, réalisé et filmé par Thomas Rollot.

Deux sorties de résidence

17h Rémi Hollant

Interroge les codes de la danse urbaine, revisite avec humour les rituels d’intronisation de la formation des jeunes danseurs, dessine un portrait acide de la concurrence entre artistes, ainsi que des procédures de sélection, en établissant un parallèle avec les reality shows vus miroirs déformants et révélateurs de nos angoisses.

18h30 Vincent Weber

Son projet D’après nature, interrogela posture scénique et sociale du figurant. « Le figurant est une sorte de spectateur placé sur scène, toujours aux premières loges. Presque un décor, il peut aussi devenir une menace pour la représentation ».

Le 23 janvier à 20h, Époque, Volmir Cordeiro & Marcela Santander, Coop du lycée Gustave Eiffel.

Performance réalisée à partir de l’étudede descriptions de danses faites par leurs créatrices, des femmes artistes du XXème siècle, pour ensuite les transformer en partitions chorégraphiques : torsion des visages et des corps, panorama de sentiments qui vont de l’extase à l’effroi, danses grotesques ou sulfureuses, entre angoisse et rire : « La danse est ici prise comme le moyen brut et direct de visiter et aviver une archive qui ne cesse de chercher dans nos présents ses vitalités insistantes. »

Chorégraphie et interprétation Volmir Cordeiro et Marcela Santander Corvalán. Lumière Maël Guiblin.

Le 23 janvier à 21h30, Sexe symbole (pour approfondir le sens du terme), Madeleine Fournier & Jonas Chéreau. Vivat.

Sexe symbole ( Pour approfondir le sens du terme), Madeleine Fournier (c)Tamara Seilman
Sexe symbole ( Pour approfondir le sens du terme), Madeleine Fournier et Jonas Chéreau (c)Tamara Seilman.

Duo pour femme nue et homme couvert de jupons et autres chemises et foulards de la tête aux pieds. On discute l’air de rien et en mouvement, on se mélange et on échange ses oripeaux de façon jubilatoire tout en dialoguant sur le chaud et le froid, le lisse et le rêche, bref, les avantages et les inconvénients de nos différentes catégories.

Conception et interprétation Madeleine Fournier et Jonas Chéreau. Création lumière Abigail Fowler. Création sonore Christophe Albertijn. Conseiller artistique Stephen Thompson.

+ Concert dansé surprise !de Nina Santes & Célia Gondol à 22h30 au Vivat.

« Dans le cadre de leur prochaine création A leaf, far and ever, Nina Santes et Célia Gondol s’emparent de la forme du concert pour vous offrir quelques morceaux choisis et compositions issus de la pièce en cours d’élaboration. En un grand rap, un doux slow et quelques harmonies, les deux interprètes célèbrent en autodidactes la musique des choses. »

Le 26 janvier à 20h, Écran somnambule, Latifa Laâbissi, Coop du lycée Gustave Eiffel.

Ecran somnambule, Latifa Laabissi (c) Nadia Lauro.
Ecran somnambule, Latifa Laabissi (c) Nadia Lauro.

La chorégraphe poursuit sa réflexion autour de l’archive, elle crée Ecran somnambule et La part du rite (2012) autour de la danse allemande des années 20. Plus particulièrement autour d’un momunment de la danse expressionniste allemande, le solo de Mary Wigman Hexentanz ou La danse de la sorcière

À partir du film Mary Wigman tanzt (1930), extrait La danse de la sorciere, (Hexentanz, 1926).

Conception et interprétation Latifa Laâbissi. Conception de la figure Nadia Lauro. Lumière Yannick Fouassier. Création son Olivier Renouf, d’après l’interprétation instrumentale de H-B Lesguillier (d’après la musique de H. Hasting et W. Goetze). Direction technique Ludovic Rivière.

Le 26 janvier à 21h30, L’Après-midi, Raimund Hoghe, Vivat.

L'Après-midi, Raimund Hoghe, Emmanuel Eggermont (c) Rosa Franck (rosa-franck.com).

Poursuivant son travail de réappropriation d’œuvres classiques, Raimund Hoghe confie à Emmanuel Eggermont une réinterprétation du Prélude à l’Après-midi d’un faune. « Au bord du plateau, Raimund Hoghe observe son interprète danser. Il invente pour lui un espace ritualisé en déposant minutieusement des verres de lait. Un rêve éveillé, enchanté par les musiques de Gustav Mahler et de Claude Debussy. »

Un solo pour Emmanuel Eggermont. Conception et chorégraphie Raimund Hoghe. Danse Emmanuel Eggermont. Collaboration artistique Luca Giacomo Schulte. Lumière Raimund Hoghe, Amaury Seval. Son Arnaud de la Celle (sous réserve). Musique Prélude à l’Après-midi d’un faune, Claude Debussy, Lieder, Gustav Mahler.

Le 27 janvier à 20h, La part du rite, Latifa Laâbissi, Coop du lycée Gustave Eiffel.

Toujours dans cette même recherche autour de l’archive Isabelle Launay et Latifa Laâbissi en réveillent les fantômes, et invente un art chorégraphique associant « puissance magique et puissance critique ».

Conception Latifa Laâbissi. Interprétation Latifa Laâbissi et Isabelle Launay. Installation visuelle Nadia Lauro. Direction technique Ludovic Rivière.

Le 27 janvier à 21h30, Blanc, Vania Vaneau, Vivat.

Blanc, Vania Vaneau (c) Eric Villemain.
Blanc, Vania Vaneau (c) Eric Villemain.

Entre performance, concert et danse, Blanc explore les rites, la transe, la transformation. Les oripeaux qui recouvrent le corps de la danseuse sont autant de couches que d’états de corps. Voyage à travers des lieux et des temporalités indéterminées ou la réalité et la fiction s’emmêlent.

Conception et interprétation Vânia Vaneau. Guitare Simon Dijoud. Assistant Jordi Galí. Lumières Johann Maheut.

Le 29 janvier à 20h, Elephant Rock, Jonathan Schatz, Vivat.

Elephant_Rock [TEASER] from TRANSNIAGARA on Vimeo.

 

« Noir. L’espace du plateau a disparu pour laisser peu à peu apparaître un étrange phénomène, un être à trois corps harnachés de cuir sombre. Le son est brut, la lumière dispersée, la danse ralentie. C’est une invitation à se laisser envahir par une sensation contrastée où douceur et tension invitent à passer d’un espace méditatif à un moment d’acuité intense. »

Chorégraphie Jonathan Schatz. Interprétation Lynda Rahal, Clarisse Chanel, Ana Cristina Velasquez Lopera. Compositeur Antoine Chessex. Création lumières Matthieu Ferry. Plasticien Christopher Füllemann. Regard exterieur Louise Vanneste. Administration Jérôme De Schauwers.

Jonathan Schatz a reçu la bourse a l’écriture de l’Association Beaumarchais-SACD pour cette création.

Le 29 janvier à 21h30, Mars II (première française), Karl Van Welden, Vivat.

Conte poétique qui parle de l’impact des catastrophes sur notre pensée. Les crises de tout poil sont comme une épée de Damoclès suspendue au dessus de nos têtes, nous rappelant sans cesse notre mortalité. Performance musicale avec cendres volcaniques.

Concept, mise en scène, son, composition musicale Karl Van Welden. Dramaturgie Bart Capelle. Son, composition musicale, pianiste Frederik Croene. Son, composition musicale Vincent Malstaf. Conseils musique et son Thomas Smetryns. Direction et réalisation technique Maarten De Vrieze.

Le 30 janvier à 18h, Bang, Herman Diephuis, séances scolaires à 10h et 14h, Vivat.

Bang, Herman Diephuis (c) Onno
Bang, Herman Diephuis, Mélanie Giffard et Dalila Khatir (c) Onno.

Réflexion autour de nos peurs, celle qui nous attire, qui nous fascine, nous sidère…toutes nos peurs, grandes et petites, sont examinées et transformées en un jubilatoire rituel chorégraphique pour les exorciser joyeusement.

Conception et chorégraphie Herman Diephuis. En collaboration avec et interprèté par Mélanie Giffard et Dalila Khatir. Lumière Sam Mary.

Le 1er février à 14h une représentation scolaire du spectacle Bang est proposée en audiodescription à l’intention des personnes déficientes visuelles, en collaboration avec Florence Masure. 4€ – Informations et inscriptions auprès de Coline Rogue 03 20 77 18 77 /crogue@levivat.net

 

Le 30 janvier à 21h, soirée de clôture du festival, Voguing avec Lasseindra Ninja & Rémi Hollant, Maison Folie, Wazemmes/Lille.

Le Voguing on vous en parlait ici, lors de cette soirée vous pourrez réveiller le vogueur qui sommeille en vous grâce à une initiation/démo suivie d’un dancefloor. En présence de l’impératrice du genre, Lasseindra Ninja, fondatrice de la Paris Ballroom Scene et la House of Ninja.

Autour du festival

Le 30 janvier à 15h, Épouvantable atelier de la trouille, Herman Diephuis, Mélanie Giffard & Dalila Khatir

« Vous aussi, vous aimez jouer à vous faire peur, pour de vrai, pour de faux ? Alors tant mieux, cet atelier est fait pour vous. En compagnie des interprètes et du chorégraphe de Bang, vous inventerez tous les moyens possibles d’exprimer la peur par le corps en mouvement. Grimaces, postures d’effroi, cri, gloussements d’angoisse, la palette est large ! »

Durée 1h30 / Gratuit pour les spectateurs de Bang, Réservation indispensable. Atelier tous niveaux ouvert aux enfants et aux adultes

Le 31 janvier, le 28 février et le 13 mars de 11h à 17h, Atelier intergénérationnel voix& mouvement, Même pas peur, Mélanie Giffard & Dalila Khatir

C’est à peu près la même chose que l’épouvantable atelier de la trouille mais en version longue, étendu comme un chewing-gum sur trois dimanches affreusement chouettes, à partager avec les interprètes du spectacle Bang . Bienvenu dans la chorale de l’horreur, le grand boléro des frissons, l’aérobic de l’angoisse ! Une étude collective, à la fois sérieuse et délirante, des manifestations vocales et gestuelles de la peur sous toutes ses formes.28€/21€ (pour les 3 séances) – 35€/28€ (spectacle Bang compris) / Atelier tous niveaux ouvert aux enfants et aux adultes ( 3 séances avec le même groupe).

Du 25 janvier au 29 janvier de 18h à 21h30 et le 30 janvier de 14 à 16h30 au Flow de Lille, Quel serait notre/votre Voguing ? Rémi Hollant – Collectif XXY, une proposition de la Maison Folie Wazemmes et du théâtre Massenet.

Atelier et Bal Voguing// Rémi Hollant//Carte Blanche au Collectif XXY from Amélie Poirier on Vimeo.

« Le voguing c’est un peu comme du théâtre dansé, on raconte une histoire, on incarne un personnage tout en s’affrontant en duel, en improvisation. C’est avant tout l’idée de projeter une fierté, proclamer son identité, son individualité, son originalité. Ce stage propose un travail sur les identités. Qu’y a-t-il derrière nos apparences ? »

Durée totale 20h / 75€/55€ / Inscription auprès du théâtre Massenet : 03 20 04 81 65 / theatremassenet.media@orange.fr

Infos pratiques, réservations, adresses des lieux c’est ici ou là contact@levivat.net/ 03 20 77 18 77

Image de Une, Epoque, Volmir Cordeiro et Marcela Santander crédit photo Alain Monot.

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