Portrait de groupe en liberté : la Cie Marbelle

La compagnie Marbelle est une tout jeune compagnie, une parmi tant d’autres, mais une qui a su retenir notre attention avec leur deuxième spectacle : La Liberté aime-t-elle la poule ?

Spectacle vu lors du festival Echo de Grenoble et qui a aussi été donné lors de la Fête de la danse en Suisse en mai dernier.

Derrière ce titre intrigant aux allures dadaïstes se cachent cinq personnalités qui se sont retrouvées autour d’un projet initié par Annabelle Maussion puis Margot Rubio et repris et travaillé collectivement par le reste de la troupe, Pauline Sarrazin, Jérôme Albert et Corentin Cronier.

Fête de la danse : La liberté aime-t-elle la poule? Neuchâtel, le 4 mai 2019 Photo : Lucas Vuitel

Cinq danseurs dont quatre sont issus du même cursus de formation. En 2015, la compagnie se crée à l’initiative d’Annabelle et Margot et en 2016 un premier spectacle voit le jour : Si Simone savait ça… une pièce pour quatre qui contient déjà en germe ce que la compagnie souhaite développer. Humour, physicalité, théâtralisation et un regard concerné sur les assignations auxquelles la société actuelle nous soumet. Un détricotage des situations qui utilise volontiers le burlesque mais jamais au détriment de la qualité de la danse.

La Liberté aime-t-elle la poule ? Pose la question sans l’air d’y toucher de la place la place de l’individu dans la société, au sein d’un groupe… et en découle celle des arts vivants et notamment de la danse dans un monde où l’art est devenu un objet de consommation banalisé, et où il faut faire la publicité de sa création pour espérer la rendre visible.

Sous forme de scénettes au parfum parfois vintage, Marbelle fait sa propre promotion sur scène, mise en abyme ironique de la nécessité pour les artistes de se faire connaître et reconnaître pour exister.

Le propos pourrait être lourd mais il est traité avec légèreté, humour et surtout rigueur dans la construction de la pièce. On ne s’ennuie pas une seconde, l’engagement physique des danseurs est intense, leurs spécificités sont mises en valeur tout en respectant le collectif. On aime leur fougue, la disparité des corps, et la connivence entre les interprètes. Un bel exemple de danse vivante qui traite avec humour de questions sociétales tout en gardant l’exigence du spectacle.

Fête de la danse : La liberté aime-t-elle la poule? Neuchâtel, le 4 mai 2019 Photo : Lucas Vuitel

La compagnie qui s’investit aussi dans la transmission ou l’action culturelle auprès des scolaires, a déjà un nouveau projet en gestation, un trio de filles guidé par un regard extérieur masculin, une nouvelle façon de travailler la chorégraphie qui s’accorde avec le principe d’efficacité. Les périodes de résidence de création étant courtes, il devient impératif d’avoir quelqu’un qui veille à la bonne avancée du travail en imposant ses choix. Une façon de tester comment changer de posture au sein de la compagnie, jusqu’ici si les idées de départ pouvaient être proposées par une personne, le collectif était ensuite à l’oeuvre de manière très complémentaire. Pour cette nouvelle pièce, le travail d’interprète est privilégié.

La création sera en progrès dès fin novembre accueillie pour une résidence parisienne par l’association les Petits riens puis à l’espace culturel Renée Wanner de Chartrette en Seine et Marne où la sortie de résidence donnera lieu à une première représentation du travail le 29 février 2020.

Nous vous en reparlerons en temps utile mais en attendant vous pouvez consulter le site de la compagnie et en apprendre un peu plus !
Image de Une, La Liberté aime-t-elle la poule ? Cie Marbelle crédit photo Gérard Brun.

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