Les Plateaux #28

La 28ème édition des Plateaux, plateforme danse internationale organisée par La Briqueterie – CDCN du-Val-de-Marne accueille cette année des artistes venant de France, d’Espagne, de Norvège, d’Israël, d’Argentine, du Japon pour 11 créations, 1 impromptu, 1 rencontre, 1 webinaire-Zoom. 3 jours de danse à célébrer et à accueillir en cette rentrée toujours marquée par la circulation de la Covid19. Une façon de continuer à vivre, à diffuser la création et à soutenir les artistes !

Au programme

Jeudi 24 sept 15h et 18h30, La Briqueterie studio ouest

Ingrid Berger Myhre & Lasse Passage, Panflutes and Paperwork

Ingrid Berger Myhre & Lasse Passage, Panflutes and Paperwork (c) Thomas Lenden.

Dans Panflutes and Paperwork, accompagnée de Lasse Passage, Ingrid Berger Myhre poursuit son étude en examinant de manière ludique les relations entre la danse et la musique. Avec son goût commun pour l’approche légère de la composition et l’humour subtil, le duo d’artistes norvégiens revisite les liens séculaires qui unissent compositeur et chorégraphe, à la frontière entre la performance et le concert proposant d’absurdes réponses aux questions : que signifie vraiment danser sur la musique et comment créer de la musique pour la danse ? Armés de flûtes de Pan dans une main, comme symbole d’allégresse et de passion, et de paperasses dans une autre, pour la référence à la notation et bureautique, Ingrid et Lasse inventent des jeux qui renégocient les règles du tandem compositeur-chorégraphe. Panflutes and Paperwork fait partie de la sélection Aerowaves Twenty20, ainsi que Dansenett Norge automne 2020.

Performance Ingrid Berger Myhre, Lasse Passage. Musique Lasse Passage, Ingrid Berger Myhre. Lumière Edwin van Steenbergen. Conseils artistiques Merel Heering, Alex Zakkas. Costumes Min Li. Photos Istán Virág.

Jeudi 24 sept 16h, La Briqueterie parvis

Antoine Arbeit, Cie Ex Novo, SYSTÈME (étape de travail)

Antoine Arbeit, Système (c) Stéphane Bahic.

Antoine Arbeit propose au spectateur de plonger dans la contemplation d’un système qui réagit à ses propres lois, où l’énergie est déployée et transformée sans cesse. Inspirés des ellipses des planètes autour du soleil, les quatre interprètes de Système répètent à l’envie une matière corporelle rapidement énergisante et jubilatoire qui oscille entre rencontres, séparations, unissons et décalages. L’espace de jeu est quant à lui habité par les sons des enregistrements de l’univers publiés par la NASA en 1992. Système convoque une étude précise de l’espace qui s’appuie sur les recherches de Rudolf Laban, et fait également écho à la circularité et à la répétitivité de Radial Courses de Lucinda Childs. Cette forme hypnotique se construit et s’enrichit au fur et à mesure que passe le temps, rythmée par les trajectoires marchées des danseurs qui emportent le public dans l’émergence de la matière, la traversée des espaces et la naissance d’une danse commune et rituelle.

Chorégraphie Antoine Arbeit. Interprétation Lucie Gemon, Gaspard Charon, Pierre Lison, Elie Tremblay. Musique NASA Voyager Recordings – Symphonies of the Planets. Photo Stéphane Bahic

Jeudi 24 sept 17h15, La Briqueterie jardin

Éléonore Valère-Lachky, Courir les yeux fermés au bord d’un ravin 

Éléonore Valère-Lachky, Courir les yeux fermés au bord… (c) Pierre-Philippe Hofmann.

Solo tout-terrain de dix minutes, Courir les yeux fermés au bord d’un ravin d’Éléonore Valère-Lachky est un geste artistique en état d’urgence. Une prise de parole écologique et chorégraphique qui tire un signal d’alarme à propos de l’impact de notre comportement sur l’environnement. La danse au sol, la reptation, puis la verticalité reconquise comme symboles de pulsion de vie, d’action et de résistance, expriment un soutien engagé à la parole scientifique, celle qui, au cœur de la Cité, tente de dénoncer voire de contrecarrer le discours publicitaire, envahissant, aliénant et mensonger. Le solo a été créé sous l’égide de Let’s love Planet Earth Label, ligne directrice de la Anton Lachky Company œuvrant pour une prise de conscience aiguë des conséquences de nos activités sur l’environnement. Ce projet est proposé par Patrick Bonté, directeur des Brigittines – Centre d’Art Contemporain du Mouvement de la Ville de Bruxelles.

Conception, écriture et interprétation Eléonore Valère-Lachky. Prise de son Jérémy Michel. Musique Les proies, BO de Mustang par Warren Ellis, Extrait de Martha’s dream de Nick Cave et Warren Ellis. Photo Pierre-Philippe Hofmann

Jeudi 24 sept 17h30, La Briqueterie parvis

Cassiel Gaube, Farmer train swirl-Étude 

Cassiel Gaube, Farmer train swirl-Étude (c) Luc Depreitere.

Danse issue des club techno de Chicago et de New-York au début des années 80, la danse house impressionne par sa grammaire virtuose piochant dans le meilleur du hip hop, des claquettes, du funk ou encore de la salsa. Cassiel Gaube a consacré deux ans et demi à son apprentissage et sa pratique. Avec le solo Farmer Train Swirl – Étude, le chorégraphe propose, entre appropriation et transformation, de décrypter l’écriture hybride de ce genre underground. En explorant ce riche écosystème de pratique, en l’expliquant puis en le confrontant à ses savoirs intégrés à P.A.R.T.S., l’école de danse contemporaine fondée par Anne Teresa De Keersmaeker, il fait muter cette dance house. La réinvente.

Création et interprétation Cassiel Gaube. Conseils artistiques. Liza Baliasnaja,Theo Livesey, Manon Santkin. Photos Luc Depreitere

Jeudi 24 sept 20h30, La Briqueterie studio scène

Lisi Estaras, Ido Batash & SONICO, The heart is the muscle we like to work out

Lisi Estaras, Ido Batash & SONICO, The heart is the muscle we like to work (c) The Hurt@Sofie de Backere

Impétueuse interprète des ballets C de la B, Lisi Estaras, aux origines argentines, revient au tango. Mais quid de la déconstruction de ce tango, quid d’une danse qui préférerait se projeter, que découler ? C’est le défi que se lance, avec SONICO, la chorégraphe et initiatrice du mouvement Monkey Mind, traduction de pensées et sentiments chaotiques en mouvements de danse. Aux sons métissés et instables d’Eduardo Rovira, antithèse du canonique compositeur Astor Piazzola, The Heart is the Muscle we like to work out malaxe le tango pour en extraire un langage chorégraphique à la physicalité brute et clownesque, comme inspirée de l’Art Brut.

Conception, chorégraphie et interprétation Lisi Estaras & Ido Batash. Musique Eduardo Rovira. Musiciens de SONICO Camilo Cordoba, guitare, Ivo De Greef, piano, Lysandre Donoso, bandonéon, Ariel Eberstein, contrebasse, Stephen Meyer, violon. Paysage sonore Bartold Uyttersprot. Dramaturgie Sara Vanderieck. Décor Peter De Blieck. Lumière Helmut Van Den Meersschaut. Costumes Kim Wille. Photo Sofie De Backere

vendredi 25 sept de 11h à 13h, La Briqueterie studio est

Rencontre avec David Irle, Face au réchauffement climatique, quel rôle pour les programmateurs ?

Durant cette rencontre sera questionnée la façon d’engager une transition écologique respectueuse de l’environnement de travail, des engagements artistiques et de leur équilibre financier. Savoir évaluer avec discernement les impacts écologiques du numérique, réfléchir à la mobilité de ses publics et de ses artistes, identifier et lever au mieux les freins et les difficultés de chacun pour définir les actions prioritaires seront autant de questions menant au chemin des bonnes pratiques.

Vendredi 25 septembre à 15h au MAC VAL

Masako Matsushita, UN/DRESS in situ

Masako Matsushita, UN/DRESS in situ (c) Paolo Paggi.

Avec UN/DRESS in situ, l’artiste italo-japonaise s’intéresse au vêtement aussi bien qu’à la peau, travaillant sur les significations multiples qui s’attachent à ce qui habille, matières plasticiennes et sources de transformations. Inspirée par les lectures d’Acts of Undressing Politics, Erotism and Discarded Clothing de Barbara Brownie (2016) et The Erotic Cloth: Seduction and Fetishism in Textile de Lesley Millar and Alice Kettle (2018), UN/DRESS est un savant, coloré et intense strip-tease où corps et objet se fondent pour devenir peinture en mouvement. « Œuvre métaphorique qui… devient une enquête sur le rôle des vêtements et du corps dans la société moderne », le premier effort chorégraphique de Masako est une sobre déconstruction – extrêmement contrôlée et intérieure évoquant le geste butô – où corps et vêtements sont sur le même plan esthétique.

Chorégraphie et interprétation Masako Matsushita. Musique Federico Moschetti. Lumière Maria Virzì.

Vendredi 25 sept 16h, Théâtre Jean Vilar, Vitry

Sylvain Huc, LEX

Sylvain Huc, LEX (c) Loran Chourrau.

Considérant le corps comme un territoire éminemment légal – donc politique – Lex explore ce qui contraint comme ce qui autorise, ce qui est obligé ou est autorisé dans une négociation perpétuelle entre l’assujettissement volontaire et la désobéissance. Avec sa puissante physicalité, Lex mêle le crépusculaire et l’épidermique, le social et le biologique, le barbare et le civilisé.

Conception, chorégraphie et interprétation Sylvain Huc. Assistant, photographe, vidéaste Loran Chourrau. Assistante Mathilde Olivares. Dramaturgie Thomas Pondevie. Regard extérieur Jan Martens. Création lumières Pascale Bongiovanni. Création sonore Fabrice Planquette. Création costumes, scénographie Rachel Garcia. Régie lumière et régie générale Manfred Armand. Régie son Bernard Levejac en alternance avec Arnaud Clément.

Vendredi 25 sept 17h30, Théâtre Jean Vilar, Vitry

Mellina Boubetra, Cie ETRA, INTRO

Mellina Boubetra, Cie ETRA, INTRO (c) Charlotte Audureau.

Entre nécessité de s’écouter, de se comprendre, voire de s’entendre, la chorégraphie fait la part belle aux transes introspectives autant qu’aux moments de joie collective. Espoir de cette génération de chorégraphes qui renouvelle les codes hip-hop avec talent, Mellina Boubetra s’inspire des lectures de La Formation de l’acteur et de La Construction du Personnage de Constantin Stanislavski pour ce trio féminin qui célèbre un dialogue purement corporel et sensible entre ses interprètes.

Chorégraphie Mellina Boubetra. Interprètes Mellina Boubetra, Katia Lharaig, Allison Faye. Création et régie lumière Fabrice Sarcy. Création musicale Patrick De Oliveira. Photo Charlotte Audureau

Vendredi 25 sept 19h30, La Briqueterie studio ouest

Meytal Blanaru, rain

rain, Meytal Blanaru (c) Pierre Planchenault.

rain contemple la manière dont nous portons nos histoires, dont nous les laissons nous définir, et dont elles façonnent notre œil à regarder le monde qui nous entoure. En questionnant le conformisme ambiant lié aux identités de genre, et en particulier l’objectivation du corps féminin et la prédominance du « regard masculin» dans nos cultures actuelles, rain marque une tentative personnelle de la chorégraphe de s’extirper de cette prédominance. Pièce de défis, fruit de 8 mois de recherche et pratique Feldenkrais sur le mouvement « à tâches multiples », rain cloue au sol les pieds de la chorégraphe pendant toute la durée du spectacle, pour plonger plus profondément dans les détails fascinants du corps en mouvement et de sa transformation.

Concept, chorégraphie et performance Meytal Blanaru. Musique Benjamin Sauzereau. Dramaturgie Olivier Hespel. Photos Pierre Planchenault

Vendredi 25 sept, 19h45 et 21h30, La Briqueterie

Cie Ex Nihilo, Impromptus, puis Le Nom du Lieu

Cie Ex Nihilo, Impromptus, Les lieux de la danse (c) exnihilo DR.

Ex Nihilo fait de l’espace public un lieu privilégié de création et de diffusion, s’attachant à mettre en résonance mouvement et écriture dans des espaces singuliers, urbains ou naturels. Pour Les Plateaux, Anne Le Batard et Jean-Antoine Bigot proposent de revisiter un de leur spectacle pour une version spécifique à La Briqueterie. Le Nom du Lieu est une performance, carnet de route d’un projet urbain réalisé entre 2009 et 2014 de Marseille à Séoul en passant par Casablanca, Tunis ou Alexandrie. Filmés dans les quartiers périphériques des villes où la nature dispute encore son territoire à l’urbanisation grandissante ou dans les centres ville en pleine mutation, la danse et les lieux se confondent révélant à la fois l’instant présent et le moment passé. Les images évoquent l’intime du danseur, l’harmonie avec le lieu, où la poétique de la danse est mise en abîme avec l’espace jusqu’à une certaine personnification des lieux. L’image est envisagée comme le prolongement de la danse live et vice versa.

Chorégraphes Anne Le Batard & Jean-Antoine Bigot. Interprétation Anne Le Batard, Jean-Antoine Bigot, Corinne Pontana, Rolando Rocha, Ji in Gook.

Vendredi 25 sept 20h30, La Briqueterie studio scène

Núria Guiu Sagarra, Spiritual boyfriends

Núria Guiu Sagarra, Spiritual boyfriends (c) Alice Brazzit.

Avec Spiritual Boyfriends, la catalane poursuit sa réflexion sur les nouveaux rapports corps/pouvoir qui se tissent sur Internet. Sur les bases d’une recherche iconographique des pratiques qui ont façonné le yoga postural de ses origines jusqu’à l’heure du Web et à travers un fond d’images personnelles de la chorégraphe, Spiritual Boyfriends brasse données documentaires et autobiographiques questionnant la réalité, la fiction, l’image, le pouvoir, le genre et la spiritualité à l’heure des nouvelles technologies. Spiritual Boyfriends interpelle surtout sur ces questions : Quel rôle joue le numérique dans la construction de notre identité, dans notre façon de penser, de façonner nos corps et nos désirs ? Que rôle joue Internet par rapport au divin, au pouvoir, au néo-libéralisme et ses techniques de surveillance héritées du web ?

Direction, chorégraphie et performance Núria Guiu sagarra. Conseils artistiques Esther Freixa, Sónia Gómez. Création scénographique et conseils costumes Lola Belles. Photo et vidéo Alice Brazzit. Création lumière Joana Serra. Assistance technique Sergio Roca. Conseils sons Telemanrec. Manager Fani Benages.

Samedi 26 septembre de 14h30 à 16h, ON LINE

Café Plateaux. Retrouvez les artistes des Plateaux on line !

Inscrivez-vous sur le webinaire Zoom et visionnez, une heure et demie durant, l’émission de Springback. Production présentée par Cédric Chaory et Marisa Hayes.

Au programme : Interviews avec les artistes, extraits de pièces… et discussion en direct sur le rôle du secteur culturel dans la transition écologique avec David Irle, concepteur de la rencontre Réchauffement climatique et programmation. Le tout dans les espaces de la Plateforme Danse Internationale : La Briqueterie, le MAC VAL et le Théâtre Jean-Vilar. Une réalisation Springback Production. Un partenariat La Briqueterie / Aerowaves.

Où et quand ?

 Du jeudi 24 au samedi 26 septembre 2020 à la Briqueterie et en partenariat avec le MAC VAL et le Théâtre Jean-Vilar (Vitry-sur-Seine). Tout savoir c’est ici !

Image de Une, visuel des Plateaux #28, tous droits réservés.

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