Le Temps d’Aimer la danse

Comme chaque année Biarritz s’anime sous le Temps d’Aimer la danse, 10 jours, sous la direction artistique de Thierry Malandain, consacrés à la force de l’écriture chorégraphique dans une grande diversité d’esthétiques. Des grands maîtres de la danse aux jeunes pousses toutes les danses du hip hop au flamenco y sont célébrées. Venus des Pays Bas, d’Espagne, d’Italie, du Danemark, vingt-quatre compagnies et de nombreux rendez-vous dessinent le territoire de la ville de Biarritz, dans ses trois théâtres, ses places et jardins, retrouvant un public fidèle ou de nouveaux curieux autour du geste dansé.

Une invitation à entrer dans la danse pour cette 29ème édition du Temps d’Aimer, autour d’une  programmation copieuse, et variée. Et toujours entre les spectacles présentés en salle chaque jour à heures fixes, le public peut assister à des répétitions publiques, des performances dans les rues, des gigabarres sur la plage, des conférences, des stages, et bien plus encore.

Programme des spectacles

Vendredi 6 Septembre

21h – Gare du Midi – Introdans (Pays-Bas) Dutch Masters

Andante – Hans van Manen

 Polish Pieces, Introdans, Hans van Manen © Introdans Hans Gerritsen.

Polish Pieces – Hans van Manen

Lieder eines Fahrenden Gesellen / Songs of a Wanderer – Jiri Kylian

Cantus – Nils Christe

Cette soirée exceptionnelle réunit les grands maîtres de la danse néoclassique, courant qui a si bien fleuri au Pays Bas.

Jiri Kylian, mythique créateur de quatre-vingts ballets, dont une vingtaine inscrite au répertoire de  plus d’une centaine de compagnies, sa spécialité sonder l’âme humaine.

Hans van Manen, un maître de la scène chorégraphique au répertoire de cinquante compagnies dans le monde, offre une vision sur le monde teintée d’humour.

Polish Pieces, Introdans, Hans van Manen © Introdans Hans Gerritsen.

Et enfin Nils Christe à la reconnaissance tout aussi étendue qui pourrait être l’héritier des deux.

Samedi 7 Septembre

19h – Colisée – Affari Esteri

Holy / Edmond Russo & Shlomi Tuizer

Holy, solo interprété par Shlomi Tuizer, s’inspire du poème emblématique Howl du poète américain Allen Ginsberg.

Écrit en 1955, le poème de Ginsberg est une protestation, un hurlement de colère contre le conformisme écrasant l’âme. Manifeste de révolte ou acte personnel de résistance, le solo inspiré, à la fois sombre et lumineux, est aussi une quête de dépassement et de réconciliation.

21h – Théâtre du Casino – CCN de Caen Normandie

Fix me, Alban Richard ©Agathe Poupeney.

Fix me / Alban Richard avec Arnaud Rebotini

Sur la symphonie techno jouée en live par Arnaud Rebotini, Alban Richard conçoit une chorégraphie qui puise sa puissance dans la ferveur. Corps éloquents, sermons et slogans, un montage chorégraphique, musical et plastique.

Quatre danseurs déterminés, mus par des paroles qu’eux seuls entendent, délivrent leurs messages. À travers un lexique de mouvements inspiré des manifestations politiques, de discours de rues et des prêches de quatre prédicatrices américaines, ils épuisent leurs corps à retranscrire les prosodies. Alban Richard – directeur du CCN de Caen en Normandie –appose sa signature singulière, son écriture précise reposant sur un savant agencement des partitions chorégraphiques, musicales et lumineuses qui mutuellement se donnent à voir.

Dimanche 8 Septembre

19h – Théâtre du Casino –Amos Ben Tal – Korzo Production

60

En 2012, Amos Ben Tal co-fonde collectif OFFprojects, qui crée des performances, des événements et des installations inter-disciplinaires. Dès sa première création, OFFline en 2014, le collectif suscite l’intérêt pour son approche novatrice et pour le talent d’interprétation de ses membres. Pour cette nouvelle création Ben-Tal et ses danseurs entraînent le public dans un voyage méditatif qui aborde les constructions sociales et à l’expérience personnelle du temps. À travers le mouvement, le son, la lumière et les mots, ils déconstruisent habilement le concept de temps. Soixante minutes où on partage des moments d’immobilité, de pression, d’espoir et de désir, explorant la structure du temps et ses mystères, pour un ravissement du public

21h – Gare du Midi – David Coria (Espagne)

El encuentro, David Coria © Danielmpantiga.

Anonimo

David Coria est un danseur d’exception à la rapidité électrisante. Formé au Conservatoire de Séville puis soliste du Ballet National d’Espagne, il a dansé les chorégraphies d’Antonio Gades et Pilar Lopez avant d’entamer une carrière dans de nombreuses compagnies, dont le Ballet Flamenco d’Andalousie où il était premier danseur. Dans sa nouvelle création, il s’entoure de deux danseurs et forme un trio masculin consacré par prix du public au fameux festival de Jerez.

Lundi 9 Septembre

19h – Colisée – Cie MF (Italie)

Re-garde  / Maxime Freixas & Francesco Colaleo

La compagnie italienne MF s’inspire des actes quotidiens pour y révéler avec malice sa part de poésie. Avec Re-Garde deux danseurs s’attardent sur le regard, au sens qu’il peut porter et aux impacts qu’il engendre. Francesco Colaleo et Maxime Freixas, chorégraphes et danseurs, abordent avec facétie l’effet du regard de L’autre. En un clin d’œil, ils brossent le panel de son impact comme limite à la liberté et/ou source de communication ineffable et comme interprétation de la réalité.

21h – Martin Harriague (création)

Fossile

Attaché à la dramaturgie avec ce sens aigu d’amener les choses à propos, les pièces de Martin Harriague, ont fait une entrée remarquée dans le monde de la chorégraphie. Après avoir récemment créé plusieurs pièces de groupe, Martin Harriague, artiste en résidence au Malandain Ballet Biarritz, a choisi la forme intime du duo pour cette nouvelle pièce créée pour le Temps d’Aimer. Inspiré par sa longue complicité artistique avec Frida Dam Seidel, actuellement danseuse du Ballet de Göteborg où elle interprète le répertoire d’Ohad Naharin, Sidi Larbi Cherkaoui, Sharon Eyal et Damien Jalet, il se met en scène à ses côtés, dans un pas de deux à la fois abstrait et visuel.

Mardi 10 Septembre

19h – Colisée – Cie Myriam Naisy / l’Hélice

Sous Venances

Le choix de la chorégraphe Myriam Naisy de laisser son temps au mouvement, de le poser, confère à sa danse un aspect hiératique. Avec ce dyptique, décliné en solo et trio, empreint de voyages et de poésie mystique, sa danse se fait envoûtante.

Dans le solo De plumes et de plomb, au centre d’un cercle incandescent, une femme seule combat un vent de fureur. Une danse entre terre et air. Avec le trio, la chorégraphe évoque des figures nomades sur des fados sensuels et les compositions du jazzman Anouar Brahem. Des mélopées musicales pour une partition des méandres intérieurs.

21h – Gare du Midi – Danish Dance Theater (Danemark)

Siren /  Pontus Lidberg

Pontus Lidberg, le prodige suédois, offre avec la compagnie danoise Danish Dance Theater une relecture du mythe des Sirènes de l’Odyssée. S’inspirant de la rencontre d’Ulysse avec les Sirènes dans l’Odyssée, Lidberg associe visions nordiques glaciales et goût théâtral pour sillonner les profondeurs de l’inconscient avec la complicité du dramaturge Adrian Silver, collaborateur de Bill T. Jones et Martha Clarke. Bien plus qu’une allégorie sur la convoitise masculine, Lidberg choisit d’évoquer les thèmes du manque, de la créativité et de la solitude. Des images d’eau et même aussi de l’eau sur scène, créent un monde défini par la mer, où les marins s’accomplissent et où vivent les sirènes, dans un jeu entre mouvement et narration musicale

Mercredi 11 Septembre

19h – Colisée – Matxalen Bilbao

Serenity Suite

Dans cette nouvelle création Serenity Suite, Matxalen Bilbao partage le plateau avec une jeune danseuse, 30 ans séparent les deux interprètes qui reprennent un solo crée par Matxalen il y a 20 ans, sans prétention et d’un regard enjoué, elles adoptent sur scène cet espace commun où la transmission est le point de départ de la pièce. Cette mise en commun explore également de nouveaux territoires : expressivité du visage, insertion de textes…

21h – Théâtre du Casino – Andrew Skeels (États-Unis )

Finding now, Andrew Skeels © Dan Aucante.

Finding Now

Musique baroque et énergie hip hop, le chorégraphe américain Andrew Skeels en état de grâce, célèbre la beauté du fugace. Avec ce spectacle pour cinq hip-hoppeurs, Andrew Skeels, passé par ce genre, mais aussi par le classique, actuellement en résidence aux Grands Ballets canadiens de Montréal, aiguise son écriture incisive en la trempant dans l’urgence, le sentiment d’immédiateté qui fait de la danse une projection vers l’avenir.

Jeudi 12 Septembre

19h – Colisée – Cie Wejna / Sylvie Pabiot

Traversée

La chorégraphe Sylvie Pabiot met en jeu l’idée de traversée, aventure aussi bien individuelle que collective, un entre-deux, espace indéfini où tout peut arriver, très ancienne et très actuelle, la notion de traversée obéit à la même nécessité impérieuse, la survie. Sylvie Pabiot souligne l’interdépendance entre les êtres qui osent cette traversée. La solidarité y prend la forme d’une imbrication des corps quasi permanente, les uns portant le poids des autres par un système de relais. Contacts et ténacité, fluidité et persévérance, les cinq danseurs entrent dans un mouvement organique. Ils figurent un temps suspendu, entre deux lieux.

21h – Théâtre du Casino –Faso Danse Théâtre /Serge Aimé Coulibaly 

Kalakuta Republik

Les souffles courts, haletants, les corps secoués d’une pulsation indomptable, sur une musique qui s’étend d’un rivage à l’autre et raconte le monde, lucide, entière, d’une beauté fracassante. Animale, lascive, guerrière, sensuelle, contemplative, cette énergie est avant tout celle de la révolte et de l’engagement absolu. Elle attrape les émotions, bouscule les croyances, révèle nos profondeurs. Fela nous offre ici son souffle et sa respiration dans un chaos nécessaire à traverser pour explorer en nous la force de notre liberté individuelle. Qu’avons-nous à dire, qu’avons-nous à refuser, aujourd’hui, dans ce monde qui tremble de peur et se cloisonne peu à peu ?

 

Vendredi 13 Septembre

19h – Théâtre du Casino – Cie Dyptik

Dans l’engrenage, Cie Dyptik ©DR.

Dans l’engrenage / Mehdi Meghari

Dans l’engrenage est le deuxième volet d’une réflexion sur les révoltes des peuples. Les chorégraphes interrogent cet espace-temps où des hommes et des femmes s’unissent pour contester un existant et construire un idéal. Mettre les doigts dans l’engrenage, s’aventurer dans une situation dont on ne pourra plus sortir, voilà le fil rouge de la pièce. Le chorégraphe questionne les limites de l’Homme et sa capacité à résister à son propre système. Sur scène, la tension est palpable, l’atmosphère urbaine électrique. Les sept danseurs puisent leur énergie aux sources du hip hop. Leur engagement physique et émotionnel développe une danse à la fois intense et puissante. La compagnie Dyptik incarne une génération qui refuse la fatalité d’un monde apeuré ; un monde qu’elle entend bâtir elle-même.

21h – Gare du Midi – Centre national de danse contemporaine d’Angers

Soirée Merce Cunningham

Beach Birds, Merce Cunningham, CDNC-Angers © Charlotte Audureau.

Merce Cunningham a révolutionné la danse. Robert Swinston, son fidèle assistant pendant plus de trente ans, perpétue l’esprit et la technique de son maître et ami à la direction du Centre national de danse contemporaine d’Angers (CNDC). Il a choisi pour célébrer la centenaire de la naissance du maître de la post modern dance, de présenter deux de ses pièces emblématiques. Sur une partition de John Cage, Beach Birds est une pièce pour onze danseurs, inspirée par le spectacle des oiseaux voletant et sautillant sur une plage. Avec Biped au confluent de la danse et des arts numériques, les projections d’images animées se superposent aux danseurs dans un fascinant ballet de figures abstraites et démultipliées, toute en énergie pétillante

Samedi 14 Septembre

18h – Colisée – Cie Didascalie / Marion Lévy (jeune Public)

Et Juliette

Fraîcheur et espièglerie pour cette Juliette du 21è siècle, emportée par la virevoltante Marion Lévy dans cette pièce jeune public. Juliette est une fille d’aujourd’hui. Dans l’intimité de sa chambre, elle évoque sa naissance, sa famille, son corps changeant, son amour naissant pour Roméo et son désir absolu de liberté. Seule en scène, lumineuse, Marion Lévy se dédouble en ombre chinoise sur un écran-paravent, déborde d’énergie et d’émotion. Elle écrit pour l’enfance une danse contée, limpide, un poème visuel et pétillant. Une histoire de découverte de soi, de courage et d’amour surtout. Et une rencontre idéale des petits avec le spectacle vivant.

21h – Théâtre du Casino – Cie Faizal Zeghoudi

No land demain ? 

No land demain ? pièce bouleversante dans laquelle huit interprètes dansent à bras-le-corps le long et périlleux périple des migrants. Manifeste chorégraphique en hommage aux réfugiés No land demain ? repose sur la gageure de faire vivre au public le drame de la migration contrainte.  Sur une partition sonore imbriquant musique et sons documentaires, le chorégraphe Faizal Zeghoudi raconte à fleur de peau, le cheminement de la guerre, en passant par la traversée en mer puis l’arrivée sur le rivage.

Dimanche 16 Septembre

21h – Gare du Midi – Compania Nacional de Danza  (Espagne)

Carmen  / Johan Inger

Avec cette Carmen passionnée et fougueuse, chorégraphiée par Johan Inger, la compagnie espagnole sous la houlette de Jose Martinez prend sa place parmi les plus grandes formations de danse au monde. La force de cette Carmen est d’être revisitée à l’aune de notre temps, l’héroïne est une femme d’aujourd’hui, libre et courageuse, les montagnes de Ronda se fondent dans des banlieues défavorisées, les militaires se déclinent en cadres supérieurs et le torero est une star de cinéma. Grâce à son sens de la mise en scène et de la théâtralité, Johan Inger livre un ballet moderne et inventif, participe à remettre au goût du jour la danse néo-classique, la dédramatise, la teinte d’humour et de légèreté sans jamais lui ôter sa virtuosité. Une relecture qui donne à ce ballet mythique un souffle nouveau redoublant d’énergie et de volupté ; porté par une compagnie impressionnante de sensibilité et de virtuosité. Et qui a valu à l’œuvre d’être récompensée d’un Benois de la danse comme meilleure production.

Où et quand ?

Le Temps d’Aimer du 6-15 septembre 2019 sous la direction artistique Thierry Malandain à Biarritz.

Tout le programme des activités autour des spectacles, expositions, gigabarres, performances gratuites, masterclasses, stages, etc., c’est ici !

Image de Une,  visuel du festival Le Temps d’aimer la danse 2019 tous droits réservés.

 

 

 

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