La compagnie Malka invite les gens d’à côté

Bouba Landrille Tchouda, chorégraphe et directeur artistique de la compagnie Malka a présenté Les gens d’à côté lors d’une conférence de presse à La Rampe d’Echirolles, un des quatre lieux de diffusion de ce projet. Projet vaste, impulsé par la compagnie fin 2016 et que le chorégraphe compte mener jusqu’en 2020.

Sous le titre générique de Vies violences, le chorégraphe explore à travers la forme d’un triptyque : « tous les mécanismes qui peuvent nous amener petit à petit vers une forme de marginalité, nous exclure, nous mettre à l’écart de la société. » Vies violences est annoncé comme un projet artistique participatif se déclinant en trois volets, le premier s’intitulait Des corps dans la ville, et s’est développé sur les territoires de Haute-Savoie et d’Isère, le second Les gens d’à côté sera présenté publiquement à partir du 2 juin prochain dans l’agglomération grenobloise.

Le chorégraphe a travaillé avec un groupe d’une quinzaine d’adolescents et de jeunes adultes (16 à 28 ans) volontaires et venant d’horizons très différents. Histoires de vie et de danse singulières, amateurs ne se connaissant pas pour la grande majorité d’entre eux.

Les gens d’à côté, Vies violences volet 2, Cie Malka (c) Camille Triadou.

Il fallait inventer un tout, avec du multiple. La cohérence de groupe a donc été travaillée à partir d’ateliers de pratique, de répétitions notamment sur les weekends ou une partie des vacances scolaires engageant les participants dans une véritable aventure collective. Bouba a ce talent de lire les corps et d’en tirer le meilleur, de faire en sorte que chacun soit bien là où il est, son travail et ses propositions partent de la matière fournie par les danseurs dans le respect des individus, en vue d’une expérience humaine partagée. Pour autant, l’exigence artistique et esthétique n’est pas négligée, si Bouba aide les danseurs à découvrir leurs possibilités corporelles, à produire leurs propres mouvements, il les engage dans un cheminement commun, utilisant leurs faiblesses ou leurs manques pour en faire des forces. L’engagement physique est présent à travers des portés, des sauts ; la chorégraphie s’articule autour de points de rendez-vous, repères d’énergie, d’espaces, de types de mouvements qui constituent la trame commune au groupe qui avance ensemble dans le projet avec bienveillance. Pourtant la thématique choisie, la violence, pouvait conduire rapidement à des tensions au sein d’un groupe si disparate. Là encore, le chorégraphe a su désarmer ce piège en s’entourant de professionnels pour accompagner son projet, deux assistantes à la chorégraphie, Lyli Gauthier et Audrey Nion dont les parcours de danse viennent abonder la sienne, le dramaturge Guy Boley collaborateur habituel de la compagnie depuis 2001, le créateur lumière Fabrice Crouzet, le réalisateur Mohamed Athamna et la costumière Claude Murgia. Ce compagnonnage professionnel autour d’un projet amateur est suffisamment rare pour qu’on s’y arrête. Les textes et les vidéos proposés par ses collaborateurs servent de support pour les danseurs qui doivent s’en inspirer pour inventer une sorte de poétique de la violence, une façon à la fois de la travailler, de la percevoir et de la mettre à distance. Un travail payant au vu des quelques extraits présentés lors de la conférence de presse.

Les gens d’à côté, Vies violences volet 2, Cie Malka (c) Camille Triadou.

Il faut dire que Bouba travaille avec les amateurs sensiblement de la même façon qu’il le fait avec les danseurs de sa compagnie. Il explique que l’esprit et le sens de son travail se déploient sur deux voies parallèles qui se nourrissent : créations avec la compagnie Malka et engagement personnel dans des projets artistiques avec des amateurs. Il considère que les deux lui sont nécessaires en tant qu’artiste, un artiste engagé comme citoyen, auprès des communautés, et des quartiers. Un engagement reconnu par les diffuseurs puisque Les Gens d’à côté, financé en partie par la Cie Malka, est soutenu par trois villes (Echirolles, Grenoble, Saint Martin d’Hères) et sera diffusé dans quatre lieux dédiés de l’agglomération grenobloise qui mettront à disposition du spectacle leur propres équipes techniques, assurant un accueil professionnel à celui-ci.

Une exigence artistique que Bouba Landrille Tchouda allie à une exigence humaine : «  […] stimuler un certain regard, une attitude critique et constructive tout en mobilisant la créativité de chacun des participants. Ici, avec la complicité d’un vidéaste et d’un dramaturge, il questionne notre rapport à l’autre et nous invite à aller à la rencontre de ces gens d’à côté, citoyens du présent et du futur. »

 

Les gens d’à côté, Vies violences volet 2, Cie Malka (c) Camille Triadou.

Les Gens d’à côté – Vies violences volet 2. Projet chorégraphique pour quinze amateurs

Avec Jean Abou Samra, Pierre Adda, Léa Da Silva, Justine Duc-Plachettaz, Uma Dudek, Léa faber, Eléa Guilloteau, Martin Hortemel, Jena Izeroukane, Clara M’Bon Donamaz, Jules Neyret, Annelise Pizot, Jonathan Schillings, Annah Tomassoni, Alice valentin.

Direction artistique et chorégraphique Bouba Landrille Tchouda. Assistantes à la chorégraphie Lyli Gauthier, Audrey Nion. Dramaturgie Guy Boley. Réalisation vidéo Mohamed Athamna, Montage sonore Bouba Landrille Tchouda. Lumières Fabrice Crouzet. Costumes Claude Murgia.

Où et quand ?

2 juin 2018 à 20h à l’Heure bleue de Saint martin d’Hères

12 juin à 19h30 à l’Espace 600 de Grenoble

14 juin à 19h à la Rampe d’Echirolles

16 juin à 20h au Théâtre municipal de Grenoble

Pour en savoir plus sur la compagnie Malka c’est ici !

Image de Une, visuel du groupe de danseurs des Gens d’à côté, Vies violences volet 2, Bouba Landrille Tchouda, Cie Malka crédit photo Camille Triadou.

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