Festival de Royaumont 2019

Comme chaque année Royaumont s’accorde avec l’automne pour des journées et des week-ends autour de la création musicale et chorégraphique. Le week-end du 14 et 15 septembre sera plus particulièrement consacré à un dialogue entre la danse et la musique qu’il s’agisse de la projection de l’excellent film de Clément Cogitore, Les Indes Galantes ou de créations, le 22 septembre sera consacré à la rencontre intrigante entre  Flamenco – Mâqam – Électronique grâce à Amir EISaffar, alors que le dimanche 29 septembre fera honneur à Rameau à travers, rencontre, et atelier chorégraphique et Platée son “opéra bouffon”.

Nous ne développons ci-dessous que le programme chorégraphique mais le festival est riche de propositions musicales magnifiques que vous pourrez trouver en consultant la programmation complète ici !

Programme

Samedi 14 septembre

14h30 | Projection-rencontre Bibliothèque musicale François-Lang.

Si loin si proche

Les Indes Galantes, film de Clément Cogitore, suivi d’une discussion avec Hervé Robbe, Marc Nammour et Éloïse Deschemin « Si loin si proche » quand la rencontre ou la friction des langages participe au bouleversement des formes pour mieux interpeller et signifier le réel.

16h | Grand comble

GA GA GA, création 2019

GA GA GA, Charlie-Anastasia Merlet (c) Laurent Paillier.

Charlie-Anastasia Merlet chorégraphie, Anthony Roques, Benjamin Forgues et Charlie-Anastasia Merlet interprétation,  Marjorie Potiron dramaturgie et costumes, Klarys Delchet éclairages, Doris Teixeira production et diffusion, Alice Normand administration.

« GA GA GA est une collection de trois soli dont le point de départ est une exploration de la virtuosité. Comment se manifeste-t-elle ? Quels en sont les critères ? Doit-on la rendre visible pour créer du spectaculaire ? Une première version du solo Protostar (anciennement RoqueStar) a été élaborée à l’occasion du programme Prototype IV (2016-17) à Royaumont. Il fut conçu comme un essai réflexif autour de la virtuosité qui assume une esthétique assimilée aux clichés de la danse classique. De ce premier opus sont déclinés deux autres soli : Lambda et Zeta. Trois soli qui portent chacun le nom d’une étoile et qui sont autant d’approches à la fois singulières et complémentaires de la notion de virtuosité. Ici elle apparaît dans la fulgurance d’un éclat, là dans la complexité, ailleurs dans le plaisir de la danse. L’éclat s’accompagne de l’extinction, la complexité de la complication et le plaisir de l’ennui. La virtuosité se raconte par la superposition d’un état et de son opposé. Apparaît alors l’ambivalence symptomatique de GA GA GA : gaga, comme gâteux ou sénile mais aussi admiratif ou béat. GA GA GA est sans conteste un traité des virtuosités. »

Production : Compagnie Les Gens Charles.

17h30 | Ruines de l’abbatiale

Danse de 4 / Danse de 20 In Extenso, Danses en nouvelles…  Opus 1 & 2 (2019)

Hervé Robbe conception et chorégraphie. Œuvres musicales originales de Jérôme Combier SQUARE 1 & 2, LINE, Solo-Line 1,2,3 et 4 pour Danse de 4 / SQUARE 3 pour Danse de 20Œuvres musicales du compositeur américain Charles Ives (1874/1954) Remembrance, The Unanswered Question, Evening, Central Park in the dark, Three places in New England, Housatonic at Stockbridge, Mists.

Interprétation Danse de 4 : Alice Lada, Vera Gorbatcheva, Alexis Jestin, José Meireles.

Interprétation Danse de 20 : la promotion 2018/2021 des étudiants de l’École supérieure du CNDC – Angers – Justine Agator, Emilie Baba, Pauline Balayila, Pauline Banc, Aïda Ben Hassine, Joséphine Boivineau, Elliot Chassin, Elie Fico, Valerija Gneuseva, Nina Godderis, Aurélien Labenne, Evan Loison, Mathilde Maire, Elisa Manke, Nicolas Maurin, Lucian Mercier, Maëlle Provost, Victor Thiefin-Ricordel, Nina Tourte, Elie Tremblay, Jon Vernier-Bareigts. François Maillot lumière, Jean-François Domingues son, Hervé Robbe costumes,  André Feydy enregistrement trompette, Clémence Huckel / Colin Pitrat (Les Indépendances) administration, production, diffusion In Extenso.

« Danses en Nouvelles, un nouveau cycle, une série d’épisodes chorégraphiques. Des nouvelles de danse, comme une suite de missives condensées. Des lettres en forme de gestes projetés, pas des « news letters », mais de vrais rendez-vous où des messagers danseurs vous content encore leurs nécessités et le risque d’être là. De la danse. C’est à la fois simple et compliqué, n’oublions pas que là où la légèreté apparaît, la gravité ne manque pas. Certes l’heure est grave,  suffisamment pour ne pas céder au cynisme, à l’injonction de justifier nos danses et entretenir des malentendus sur leurs fonctionnalités et possibles usages. Notre sujet reste d’imaginer d’inventer des danses. Notre combat est de faire qu’elles apparaissent. Le tout sur des musiques au lyrisme (contrarié) du compositeur Charles Ives qui travailla toute sa vie comme courtier d’assurance, entremêlées des Squares and Lines électroacoustiques créés pour l’occasion par le compositeur Jérôme Combier.

Danse de 4, Hervé Robbe (c) Vincent Bosc.

Danse de 4 : un quatuor chorégraphique, un Quad en écho à la pièce de Beckett, un Square, ……. Un carré qui ne ménage pas la quadrature du cercle. Dress-code : kilt et parka noir, pas un uniforme mais peut-être l’affirmation des signes d’appartenance à une tribu. Une communauté qui porte déjà en elle la dissonance des temps, et un besoin impérieux de mettre en péril le socle et les règles qui la constituent. Une errance ritualisée qui travaille l’impact de la rencontre sous des allures guerrières et parfois grimaçantes. Une friction de la matière gestuelle Robbiène avec quelques gestes librement réappropriés du KRUMP, danse ultra expressive issue des quartiers défavorisés de Los Angeles.

Danse de 20 : une amplification toute en distorsion de Danse de 4, passée au prisme d’un miroir déformant, une adaptation elliptique et circulaire, pour passer de l’errance à la migration. Le royaume carré a arrondi ses angles et perdu ses frontières. Entre flux cinétique et constructions précaires, une communauté de fortune cherche encore ses appuis solidaires.« 

Production Travelling&Co. Coproduction CNDC – Angers.

20h45 | Salle des charpentes

Work in progress, création 2019

Work in progress, Marc Nammour (c) Parremihostekiend.

Marc Nammour* textes, poésie scandée, direction artistique, Éloïse Deschemin chorégraphie, danse, Silvia Di Rienzo danse, Serge Teyssot-Gay guitare électrique et composition, Stéphane Edouard percussions et composition, Olivier Bergeret son, Wilfried Schick lumières, Vincent Dupeyron accessoires et costumes.

* Artiste en résidence (2016-2019)

« Work in progress est une création proposant une réflexion sur le travail, la place qu’il occupe, sa fonction, ses enjeux et ses conséquences sur l’individu. C’est un miroir sur la condition de l’Homme dans ce tourbillon mondialisé. C’est un titre d’inspiration outre-Atlantique, en référence à l’anglicisme récurrent des nouvelles techniques de management à l’œuvre dans les entreprises. Le corps est l’outil principal du travailleur. Sa profession le modèle. Montre-moi ton corps et je te dirai quel travail tu fais. Il porte la mémoire de tous ces gestes répétés au quotidien avec dextérité, technique et parfois souffrance. Il se trouve que le savoir-faire de la danse réside en une codification du geste. La danse a le pouvoir d’habiter un geste, elle le transpose poétiquement. Grâce à la danse le geste évoque. Il a une entité forte, faite de chair, de corps, de sentiments, d’émotions, de conscient et d’inconscient. Marc Nammour a proposé à Éloïse Deschemin, accompagnée de Silvia Di Rienzo, de chercher l’endroit où mouvements et mots prennent corps, se mélangent, se confondent, s’articulent pour performer d’un commun accord. Sur le plan musical, il voulait un duo avec une large palette d’expressions. Apprécier la rencontre brute et intuitive entre harmonie et rythmique. Deux immenses explorateurs sonores férus d’improvisation, Serge Teyssot-Gay à la guitare électrique et Stéphane Edouard aux percussions, portent en temps réel les envolées du plateau. D’après les propos de Marc Nammour.« 

Production Fondation Royaumont. Coproduction TNS.

Et aussi…

14h30 | Bibliothèque musicale François-Lang

Projection-rencontre : Si loin si proche Les Indes Galantes, , film de Clément Cogitore. Entrée libre pour les spectateurs et les visiteurs.

19h La Table de Royaumont ou Formule Pique nique Formule week-end musical à voir ici !

Dimanche 15 septembre

15h | Réfectoire des moines

Holy (2018)

Holy, Edmond Russo & Shlomi Tuizer, Affari Esteri (c) Agathe Poupeney.

Edmond Russo et Shlomi Tuizer chorégraphie, Shlomi Tuizer interprète, Allen Ginsberg texte Howl, Jérôme Tuncer composition et mise en son, The Fall, Pixies, R.E.M, Sufjan Stevens musique, Emilie Cornillot regard extérieur.

« Holy interprété par Shlomi Tuizer est inspiré par le poème emblématique d’Allen Ginsberg, Howl. Le poème est une protestation, un hurlement (a howl) de colère contre le conformisme écrasant l’âme, un hymne à la sainteté de tout ce qui touche le corps et l’esprit humain. Écrit en 1955, il a été qualifié d’obscène. Lawrence Ferlinghetti, poète, et Shigeyoshi Murao, directeur de la librairie City Lights Books, furent arrêtés et inculpés pour sa publication. Le  3 octobre 1957, le juge Clayton W. Horn rendit un arrêt affirmant le contraire, permettant alors à Howl de poursuivre sa diffusion et de devenir le poème le plus réputé de la Beat Generation. À la fois sombre et lumineux, le solo Holy est un manifeste de révolte et un acte personnel de résistance, mais aussi une quête de dépassement et de réconciliation. L’acte chorégraphique tend vers une expérience poétique imprégnée de l’histoire et du patrimoine personnel du danseur. Il exprime la complexité, la multiplicité et la richesse de l’identité, de même que le poème de Ginsberg est à la fois universel et très intime. Avec Holy, Edmond Russo et Shlomi Tuizer questionnent la volonté et la capacité de l’être à déplacer, à transformer la gravité en une sensation d’élan et de suspension.« 

Production Affari Esteri. HOWL AND OTHER POEMS by Allen Ginsberg – Copyright © Allen Ginsberg. Avec l’aimable autorisation de ae Wylie Agency (UK) Ltd. et des éditions Christian Bourgois.

16h30 | Salle des charpentes

Work in progress, création 2019

Et aussi…

11h | Atelier parents-enfants Autour du solo Protostar (6-12 ans). Sur réservation.

13h | La Table de Royaumont ou Formule Pique-nique

Dimanche 22 septembre

15h | Atelier : À la découverte du flamenco jeune public de 6 à 12 ans. Animé par Karine Herrou Gonzalez danseuse et Daniel Barba Moreno guitariste.

Après une présentation des origines du flamenco, les enfants vont s’initier aux rudiments de la danse et des rythmes en compagnie de nos artistes amoureux de leur art. À travers une approche ludique, ils pourront esquisser quelques pas de danse, faire les palmas (frappe des mains) et du jaleo (interjections d’encouragement qui accompagnent les artistes). L’accent sera mis sur les essentiels de cet art : la danse, le chant, la guitare. Une petite restitution sera présentée aux parents à l’issue de l’atelier. Sur réservation.

15h | Ruines de l’abbatiale

Luminescence, Flamenco – Mâqam – Électronique, création 2019

Luminescence, Amir ElSaffar (c) J.P. Bella.

Amir EISaffar* trompette, santur, chant, composition, direction artistique,  Gema Caballero chant, Dena EISaffar alto, joza Lorenzo Bianchi Hoesch électronique, Pablo Martín Jones percussions, Vanesa Aibar danse, Vincent Mahey son.

* Artiste en résidence (2017-2019)

« Rien de plus juste que le titre Luminescence emprunté par le compositeur, trompettiste, chanteur et joueur de santur Amir ElSaffar pour ce projet porté par la Fondation Royaumont, qui touche au magique, à l’universel, à l’éphémère. Dans les micro-intervalles subtils du maqâm arabe et du flamenco, dans les rotations du compás, le duende profond et le twarab extatique, Amir ElSaffar « cherche le son qui émane de l’ancien, du passé éternel, qui est néanmoins dans ce moment présent, où l’expérience personnelle individuelle est égale à une conscience plus large ». Comme celle partagée par ses nouveaux complices : la chanteuse Gema Caballero à la voix cristalline, la jeune étoile montante de la danse flamenca contemporaine Vanesa Aibar, le per- cussionniste Pablo Martín Jones à la palette de sons infinis, le compositeur Lorenzo Bianchi Hoesch attentif à la relation son/ geste/espace et la multi-instrumentiste au timbre sensible Dena ElSaffar.« 

Production Fondation Royaumont. Coproduction Flamenco Biënnale Nederland.

Dimanche 29 septembre

15h | Atelier : Sur les pas de Rameau pour les parents et leurs enfants de 8 à 12 ans

Animé par Hubert Hazebroucq chorégraphe.

« À l’époque baroque, la danse était au cœur des pratiques artistiques de la cour, dans toutes les fêtes et bals mais également dans les ballets et opéras proposés par les grands compositeurs de ce temps. Entre danses et contredanses, en solo ou en duo, cet art n’aura plus de secret pour vous. Une belle expérience à vivre en famille avant la découverte du “ballet bouffon” Platée de Jean-Philippe Rameau. Sur réservation.« 

Où et quand ?

Festival de Royaumont du 7 septembre au 6 octobre à l’Abbaye de Royaumont, Val d’Oise.

Infos pratiques

Préparez votre itinéraire sur royaumont.com/acces

Réservations  concerts / spectacles / week-end / navettes / ateliers / restauration / Fenêtres sur cour[s], billetterie en ligne ici ! royaumont.com

Image de Une, visuel du festival de Royaumont 2019 tous droits réservés.

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