« Carmen » de Dada Masilo à Vaison-Danses

Photo John Hogg

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Dada Masilo, LA chorégraphe venue d’Afrique du Sud frappe encore un grand coup avec sa réinterprétation de Carmen.

Elle nous avait déjà surpris par la force de son adaptation de Swan Lake (on vous en parlait ici)

Cette fois-ci elle s’attaque à un autre mythe : Carmen, l’histoire d’amour passionnel de Prosper Mérimée, mais aussi et surtout, l’opéra-comique en quatre actes de George Bizet. A l’occasion du Festival de Vaison-Danses, nous avons pu découvrir ce spectacle flamboyant, dans les meilleures conditions possible : sur la scène du Théâtre Antique, un des monuments romains les mieux conservés du monde.

Carmen de Dada Masilo
Photo John Hogg

Ce nouveau Carmen mêle danse contemporaine et flamenco sur les airs archi-connus de George Bizet, les détournant même parfois.

Dada Masilo dans le rôle titre, rebelle, passionnée, interprète une jeune fille libre, violente, sexuelle, mais aussi cruelle. Vêtue d’une robe rouge, parée d’une rose rouge sur les oreilles, sa présence sur scène est inouïe.

Elle mène les danses avec une énergie communicative, entraînant des chorégraphies de groupe enflammées et passionnantes. Il y a un côté sauvage très appréciable dans le style de Dada Masilo, entre les cris de ralliement et le bouillonnement organisé. La chorégraphie est servie par des danseurs de grand talent, au physique inhabituel, ayant appris de beaux pas de flamenco pour l’occasion.

Carmen de Dada Masilo
Photo John Hogg

De peau noire en majorité, il y a aussi quelques interprètes blancs, notamment Don José. Cette mixité raciale prend une importance particulière, quand on sait les origines sud-africaines de la compagnie. Tordant le coup aux clichés, on découvre une histoire d’amour extrême, entre Carmen et Don José. L’accent est mis sur la légèreté des rencontres, l’insouciance et la cruauté de la bohémienne, ainsi qu’aux conséquences de ses agissements.

La déchéance du beau Don José n’en est que plus triste. Des passages de fêtes et de joie, on passe à des moments d’une noirceur poignante, des scènes fortes, érotisées, choquantes. Attention donc, à ne pas faire venir vos enfants au spectacle. Carmen de Dada Masilo est d’une puissance narrative captivante, joué qui plus est, dans un décor simple : un tapis de danse et des éclairages dramatiques. Pas de fond, pas de décor, toute l’intensité ne repose que sur la force de la danse.

A voir absolument.

Bande-annonce de Carmen à Vaison-Danses

Extrait de la performance à Vaison-Danses par nos confrères du site Le Projecteur

 

DISTRIBUTION

Chorégraphie et interprétation : Dada Masilo
The Dance Factory, Pièce pour 14 danseurs – Recréation 2014

Danseurs : Nadine Alexa Buys, Sonia Zandile Constable, Phindile Kula, Thami Majela, Songezo Mcilizeli, Ipeleng Merafe, Llewellyn Mnguni, Refiloe Mogoje, Thabani Ntuli, Cindy Okkers, Nonofo Olekeng, Kyle Heinz Rossouw, Tshepo Zasekhaya
Musique : Georges Bizet – Rodion Chtchedrin – Arvo Pärt
Répétitrice, coach : Rosana Maya
Lumière : Suzette Le Sueur

 

DADA MASILO

Dada Masilo est née en 1985 à Soweto, en Afrique du Sud. Formée à la danse classique et à la danse contemporaine à la Dance Factory de Johannesburg, elle choisit ensuite Bruxelles – l’un des centres internationaux de la danse contemporaine – et la Performing Arts Research and Training Studios (PARTS). Dada Masilo fusionne ces techniques dans un style iconoclaste très personnel : « Les pieds nus frappent le sol comme dans le gumboot, les hanches tournent, on crie des youyous pour rythmer la danse, les ensembles alternent avec les solos, dessinant la solitude de l’individu face à la société (…) ».  

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