Festival Sens Dessus Dessous à la Maison de la Danse

La Maison de la Danse de Lyon présente du 5 au 18 mars 2017 la 5ème édition du festival Sens Dessus Dessous, une occasion pour : «découvrir des chorégraphes singuliers au propos inclassable. Des artistes qui se caractérisent par leur liberté de ton et leur audace. Dans un temps resserré, le public traverse de multiples univers artistiques et plonge au sein de la création chorégraphique la plus contemporaine. »

Au programme cette année, sept compagnies menées par des chorégraphes d’origine française, irlandaise, grecque, burkinabé, rwandaise, biélorusse et algérienne se produisent sur le grand plateau ou au studio de la Maison de la danse ainsi qu’au Toboggan à Décines. À noter la création de la chorégraphe grecque Patricia Apergi, Cementary et la première en France de  Kalakuta Republik du belgo-burkinabé Serge Aimé Coulibaly.

Des propositions très variées permettront d’appréhender la danse sous toutes ses formes et parfois dans des approches croisées avec d’autres arts du mouvement comme le cirque puisque le festival démarre avec une carte blanche donnée au circassien Yoann Bourgeois qui mêle allègrement danse et acrobatie.

L’humour sera au rendez-vous avec Ashley Chen et Philip Connaughton, vus à [re]connaissance 2016 avec ce spectacle Whack !!, gifle visuelle et physique que l’on avait beaucoup aimé.

Le festival donne aussi la parole aux chorégraphes qui disent leur rapport au monde à travers leur chorégraphie, inscrivant leur travail au plus près de la réalité sociale et politique de leur pays. Corps dansants mais qui expriment aussi les conflits, les émotions et les réflexions qui les bouleversent ou les traversent.

Agenda des spectacles

Dimanche 5 mars à 15h00/Lundi 6 mars à 19h30/Mardi 7 mars à 20h30, Grande salle de la Maison de la Danse

Yoann Bourgeois, Minuit – tentatives d’approches d’un point de suspension

Minuit est un programme composé à partir de Fugue / Trampoline, Fugue / Table, La Balance de Lévité, Mobile ponctué par Les Paroles Impossibles sur une musique originale et jouée en direct par Laure Brisa.

Mise en scène : Yoann Bourgeois avec la complicité de Laure Brisa, Marie Fonte et Jörg Müller. Musiques : Laure Brisa et Philip Glass. Création sonore et régie : Antoine Garry. Création lumière et régie : Jérémie Cusenier. Régie générale : Audrey Carrot

Mercredi 8 mars à 20h30/Jeudi 9 mars à 20h30, Toboggan – Décines

Patricia Apergi, Cementary, Création

Patricia Apergi © Andreas Endermann.

Planites, Patricia Apergi © Andreas Endermann.

 « Cementary est une ville imaginaire, une ville qui appartient au futur, utilisant les problématiques contemporaines avec les exemples d’aujourd’hui. Cementary est une ville qui a survécu à la crise bien qu’elle déplore ses victimes. C’est la ville du métissage. C’est la ville où les voix hurlent sous le bitume. Cementary pourrait être le futur, même si, aujourd’hui, nous sommes incapables de l’imaginer. »

Chorégraphie : Patricia Apergi. Musique : Vassilis Mantzoukis. Décors et costumes : Giorgos Gavalas. Lumières : Nikos Vlassopoulos. Pièce pour 6 danseurs. Coproduction : Maison de la danse / O espaco do tempo

Vendredi 10 mars à 19h15/Samedi 11 mars à 17h00 et 19h15. Studio Jorge Donn

Philip Connaughton / Ashley Chen WHACK !!

WHACK !! Philip Connaughton, Ashley Chen┬®Lucas Truffarelli.

WHACK !! Philip Connaughton, Ashley Chen┬®Lucas Truffarelli.

Pièce pour deux adultes et un enfant, WHACK !! est un corps à corps, qui visite toutes les stratégies de rencontres sur le plateau : collision, empêchement, contrainte, détour, renversement ou empoignade tout est bon à expérimenter pour essayer de surpasser l’autre quitte à explorer les limites de son endurance ou de sa physicalité…le tout non dénué d’humour et sous le regard distancié d’un enfant !

Chorégraphie et danse : Ashley Chen et Philip Connaughton. Création lumière : Adrian Mullan.3 interprètes. Production : Compagnie Kashyl/Compagnie Philip Connaughton

Vendredi 10 mars à 20h30/Samedi 11 mars à 20h30 Spectacle avec audio description. Grande salle

Serge Aimé Coulibaly, Kalakuta Republik, Première en France

Kalakuta Republic, Serge Aimé Coulibaly (c) S. Garcia.

Kalakuta Republic, Serge Aimé Coulibaly (c) S. Garcia.

Kalakuta Republic est un projet chorégraphique basé sur la musique de Fela Kuti (1938-1997) et librement inspiré de sa vie.

…when I was first put in jail, the name of my prison cell was ‘Kalakuta’, and Republic? I wanted to identify myself with someone who didn’t agree with the Federal Republic of Nigeria… I was in nonagreement. Fela Anikulapo Kuti […] Serge Aimé Coulibaly pose la question de l’engagement, le sien, comme celui de ses confrères artistes.

Concept et chorégraphie : Serge Aimé Coulibaly. Dramaturgie : Sara Vanderieck. Créateur musique : Yvan Talbot. Assistant à la chorégraphie : Sayouba Sigué. Création lumière : Hermann Coulibaly. Création son et musique additionnelle : Sam Serruys. Costumière : Catherine Cosme. Vidéo : Eve Martin. 7 interprètes et 1 percussionniste – DJ. Production : Halles de Schaerbeek & Faso Danse Théâtre. Résidence : musée des Confluences.  Kalakuta Republik sera présenté en juillet au Festival d’Avignon 2017

Mardi 14 mars à 20h30/Mercredi 15 mars à 19h30. Grand plateau

Heddy Maalem, Éloge du puissant royaume

Eloge du puissant royaume, Heddy Maalem ©Patrick Fabre.

Eloge du puissant royaume, Heddy Maalem ©Patrick Fabre.

Éloge d’un puissant royaume est la traduction littérale de l’acronyme anglais KRUMP – Kingdom Radically Uplifted Mighty Praise. Ce phénomène chorégraphique urbain est né à Los Angeles au milieu des années 90, dans un contexte de guerres des gangs et d’émeutes raciales. Pratiquée plus généralement sous forme de battles, la gestuelle d’apparence brutale fait en réalité office d’exutoire, véritable élan libérateur. C’est une danse aussi puissante que fascinante, une alternative aux styles hip hop habituels. Le krump, rare sur les plateaux de danse, a été apprivoisé et sublimé par le chorégraphe Heddy Maalem dans ce spectacle interprété par cinq jeunes krumpers.

Chorégraphie : Heddy Maalem. Scénographie : Rachel Garcia. Création lumières : Guillaume Fesneau. Bande sonore : Heddy Maalem et Stéphane Marin. Musiques : Hildu Gudnadottir, Iannis Xenakis, Arvo Pärt, Philip Glass, Jean-Sébastien Bach, 2 Fingers, Stéphane Marin, Hesperion XXI, Jordi Savall, David Lynch & John Neff, Colin Stentson, Saul William. 5 danseurs

Samedi 18 mars à 18h15. Studio Jorge Donn – entrée libre sur réservation

Arkadi Zaides, Talos, étape de travail

Dans la mythologie grecque, Talos est un automate géant en bronze, offert par Zeus à son amante Europe, pour assurer sa protection personnelle et celle de l’île de Crète sur laquelle elle vit. Dans ce projet, Arkadi Zaides et ses collaborateurs étudient les frontières comme des espaces qui génèrent le mouvement et qui questionnent l’éthique. Ils se focalisent ici sur le rapport entre le mouvement et la frontière, par rapport à l’espace Schengen. Le langage chorégraphique est utilisé comme un outil pour envisager de nouvelles relations entre ces espaces et ces corps.

Concept et chorégraphie : Arkadi Zaides avec la collaboration de : Claire Buisson, Nienke Scholts, Culture Crew, Effi et Amir (Effi Weiss et Amir Borenstein), Jonas Rutgeerts (distribution en cours)

Samedi 18 mars à 20h30. Grand plateau.

Dorothée Munyaneza, Samedi Détente

Samedi détente, Dorothée Mum©laura-fouquere

Samedi détente, Dorothée Munyaneza © Laura Fouquere.

Samedi détente, titre d’une émission de radio qui diffusait des chansons venues d’ailleurs et que les enfants apprenaient par cœur avant de se mesurer le lundi suivant dans la cour de récréation au jeu de la meilleure performance… Moments du quotidien, instants paisibles avant que tout bascule à l’été 1994 et que le pays ne sombre dans l’horreur. Comment raconter l’impensable ? La peur, l’exode, les longues marches ? Comment dire quelque chose de ce génocide atroce ? Par la danse et le chant, Dorothée Munyaneza rappelle le souvenir des lieux qu’elle a aimés et des personnes qui ne sont plus.

Conception, texte, danse et voix Dorothée Munyaneza. Regard extérieur Mathurin Bolze. Création lumière Christian Dubet. Scénographie Vincent Gadras. Costumes Tifenn Morvan. 2 danseurs et 1 musicien. Production Cie Kadidi

Et aussi des rencontres

Samedi 18 mars

Rencontre et témoignage sur le génocide des Tutsis en partenariat avec l’association Ibuka de 17h à 18h au Restaurant Ginger & Fred.

Rencontre : En quoi l’art témoigne des secousses du monde contemporain ? En partenariat avec le BDA de l’IEP Science-Po Lyon 18h à 19h15 au Restaurant Ginger & Fred

Entrée libre. Réservation conseillée au guichet de la Maison de la Danse et au 04 72 78 18 00

Infos pratiques c’est ici !

Image de Une, visuel du festival Sens Dessus Dessous tous droits réservés.

est professeur et formatrice en histoire des arts, titulaire d’un DU en danse contemporaine, et danse depuis toujours. Co-fondatrice de CCCdanse.

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