VENDREDI par la Fabrique fastidieuse

bandeau vendredi

La nouvelle création de la Fabrique fastidieuse se veut une danse à l’état sauvage, une danse festive qui surgit dans la rue pour s’en emparer et créer un espace où pourrait naître « une danse contemporaine conviviale ».

Vendredi comme la fin de semaine, comme l’ouverture sur un week-end que l’on espère toujours plus riche d’émotions que la semaine réservée au quotidien du travail et de la routine en général. Vendredi comme une fête qui s’annonce et qui transforme l’espace public en dancefloor convivial sur lequel chacun peut devenir la reine ou le roi du bal.

C’est en inspirant d’un extrait du texte de Roger Caillois, L’homme et le sacré, que la compagnie s’est appuyée pour inventer sa nouvelle création : « On comprend que la fête, représentant un tel paroxysme de vie et tranchant si violemment sur les menus soucis de l’existence quotidienne, apparaisse à l’individu comme un autre monde, où il se sent soutenu et transformé par des forces qui le dépassent. »

 

Vendredi, La Fabrique fastidieuse (c) Pierre Acobas.

Vendredi, La Fabrique fastidieuse (c) Pierre Acobas.

Et les premières lignes de la note d’intention qui prélude au spectacle résonnent comme les vers d’un poème propice à ré-enchanter la vie :

«Nous avons rêvé à ce spectacle comme à une fête.

Une fête qui prendrait la rue. Elle surgirait, comme un bateau-pirate.

Nous installerions à même la rue des fanions, des banderoles.

Nous offririons à boire, pas d’alcool, mais des boissons que nous avons préparées nous-mêmes.

La musique serait là, une musique inconnue, rythmée, organique comme issue d’un folklore imaginaire…

Puis petit à petit certains se mettraient à danser, à faire la fête, à dépasser les bornes. Ce sont des danseurs, ils s’approchent s’éloignent de nous.

Se portent, tournoient, jouent de leurs corps comme d’un instrument, frôlent le n’importe-quoi.

Parfois on se sentirait spectateurs de cette folie, et parfois on aurait le désir de s’y joindre et on s’y sentirait invités même…

Il y aurait des moments de désordre, d’énergies carnavalesques, mis en scène avec des créatures, des objets qui circuleraient parmi nous.

Pris dedans, on se sentirait essoufflés et vivants… Comme lorsqu’on fait la fête. Une bonne fête, une vraie, une où on a dansé…»

 

Vendredi, La Fabrique fastidieuse (c) Pierre Acobas.

Vendredi, La Fabrique fastidieuse (c) Pierre Acobas.

Vendredi ne déroge pas aux principes de la Fabrique Fastidieuse qui inscrit son travail dans l’espace public : «tout lieu où l’on peut faire entrer en friction la danse et la vie, le travail, le quotidien…» et qui se nourrit de la proximité, des réactions voire des interactions des spectateurs. Une pièce que les chorégraphes souhaitent «écrire en public», avec des questions qui sont aussi des envies : «comment chorégraphier la fête ; comment créer du commun à partir des corps, par la danse.»

Une pièce qui se tient à la lisière du bal chorégraphié mais qui se revendique spectacle même si l’idée de développer une communauté s’appuyant sur des spectateurs initiés ou des complices en danse est posée comme un des principes de création et exige la mise en place de rencontres-ateliers en amont du spectacle.

Vendredi, La Fabrique fastidieuse (c) Pierre Acobas.

Vendredi, La Fabrique fastidieuse (c) Pierre Acobas.

Vendredi c’est aussi une musique à danser, jouée en live par Simon Drouhin, musicien de bal du groupe Superparquet (musiques traditionnelles revisitées).

Pour cette nouvelle pièce tous les ingrédients sont là qui résonnent avec la philosophie politico-poétique de la compagnie :

« Nous cherchons l’or dans l’ordinaire en travaillant à la lisière de ce qui est attendu et identifiable comme étant «de la danse».

Nous prenons le temps d’approcher quelque chose qui ressemble à l’inconnu.

Nous travaillons selon une logique empirique, dans le «faire» et avec «l’épreuve».

En triturant le réel, le connu, l’expérience, nous traçons un horizon commun entre le spectacle et les spectateurs. Nos pièces tentent de s’adresser à chacun, à sa corporéité et à son vécu.

Résonances humaines. Absurdités, aussi. Comme dans la vie.»

Trouver l’or dans l’ordinaire et utiliser la fête comme catharsis au moment où les fâcheux de tout ordre s’emploient à assombrir l’horizon voilà un beau programme auquel on a envie de participer. Vivement Vendredi !

Vendredi, La Fabrique fastidieuse (c) Pierre Acobas.

Vendredi, La Fabrique fastidieuse (c) Pierre Acobas.

Vendredi, création 2017

Danse en espace public. Durée : 1h30 soit 1h de spectacle + 30min de «bal non dirigé». Équipe : 6 danseurs/danseuses, 1 musicien, 1 chorégraphe. Chorégraphes : Julie Lefebvre et Anne-Sophie Gabert. Danseurs : Charlotte Cattiaux, Anatole Lorne, Elodie Morard, Lucie Paquet, Laureline Richard. Musique : Simon Drouhin. Scénograpphie : Sophie Toussaint.

Vendredi // La Fabrique Fastidieuse from La Fabrique Fastidieuse on Vimeo.

En tournée 

Juin 2017 Festival Et20 l’été, Paris.

Vendredi a été accueilli depuis 2014 à Ramdam (Ste Foy les Lyon), La Gare à Coulisses (Eurre), Animakt (Saulx les Chartreux), Les Ateliers Frappaz (Villeurbanne), Quelques P’Arts –Le Soar (Boulieu-les-Annonay).

Pour en savoir plus sur la Fabrique Fastidieuse et son travail c’est ici !

Image de Une, bandeau Vendredi, crédit photo Pierre Acobas.

 

 

 

est professeur et formatrice en histoire des arts, titulaire d’un DU en danse contemporaine, et danse depuis toujours. Co-fondatrice de CCCdanse.

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