Etrange Cargo le transdisciplinaire à l’honneur à la Ménagerie de Verre

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La Ménagerie de verre accueille la 20e édition du festival transdisciplinaire  Etrange Cargo. Un événement  voué aux écritures contemporaines autour du corps et qui se propose de briser les codes entre le théâtre, la performance, la danse contemporaine et les arts visuels.

Dix artistes singuliers proposeront leurs univers décalés qu’ils soient comédien, performeur, chanteur, metteur en scène, chorégraphe, danseurs ou même curateurs interprètes, ils feront pulser le festival par leurs imaginaires et leurs énergies…à partager du 14 mars au 9 avril.

 Au programme

Yves-Noël Genod, La Beauté contemporaine du 14 au 16 mars à 20h30

Portrait d'Yves-Noël Genod par Remi Artigues.

Portrait d’Yves-Noël Genod par Remi Artigues.

« La Beauté contemporaine, c’est une allégorie. C’est parti d’une intuition. Le 2 juillet 2016, je donnais une performance à l’école des Beaux-arts de Paris sur les bords de la Seine et il y avait une fête, le bal des Quat’z’Arts, les étudiants étaient déguisés et s’étaient promenés en cortège bruyant et bon enfant dans la ville du quartier ; c’était la fin de l’année, il faisait beau, la fête qui suivit fut extrêmement joyeuse, en plein air, et les étudiants étaient splendides. J’ai eu la sensation de quelque chose de nouveau dans cette génération, quelque chose que je ne comprenais pas, qui n’avait rien à voir avec le pessimisme ambiant, avec, vous savez, cette fin du monde, la disparition des oiseaux… Quelque chose qui ressemblait au contraire à l’apparition inimaginable de la « petite bande » de Balbec dans À l’ombre des jeunes filles en fleurs… »

Conception Yves-Noël Genod, lumière et scénographie Philippe Gladieux et Iannis Japiot, vidéo César Vayssié. (distribution en cours).

Jean-Luc Verna,  Uccelo, Uccellacci, and The Birds les 17 et 18 mars à 20h30

Uccello, uccellacci & The Birds | Interview de Jean-Luc Verna from Théâtre Auditorium Poitiers on Vimeo.

« Quand Nina Hagen, lors d’un concert au théâtre de Verdure, à Nice en 1984, emprunte la pose de la Petite Danseuse de quatorze ans de Edgar Degas, elle le fit sans le savoir, sans doute…

Lorsqu’Iggy Pop pendant un concert de sa tournée American Ceasar termina sa 9ème chanson dans l’exacte pose du célèbre Poséidon de bronze grec exposé au Musée national archéologique d’Athènes, c’était sans doute inconsciemment… La colonne vertébrale chorégraphique de Uccello, Uccellacci & The Birds, c’est d’abord ça : plus de 75 congruences entre l’histoire de l’art et l’histoire de la pop, ces petits miracles accidentels, liant haute et basse culture.

Mais ce n’est pas tout bien-sûr. Il y a une troisième source : l’histoire privée, celle commune et superbement poétique et tout autant triviale des corps d’une histoire d’amour (en particulier ici, celle que la voix off, interprétée par Béatrice Dalle, tressera aux souvenirs de musées et de concerts, de clips et de monuments, dans un monologue téléphonique entrecoupé de plages musicales signées Peter Rehberg. »

Conception Jean-Luc Verna, écriture Jean-Luc Verna, interprète voix Béatrice Dalle, musique Peter Rehberg, costumes Jean-Luc Verna, son Gauthier Tassart, création lumière Catherine Noden, avec Benjamin Bertrand, Loren Palmer, Jean Luc-Verna et guests.

Gaëlle Bourges, Conjurer la peur, les 21 et 22 mars, 20h30

conjurer-la-peur, Gaëlle Bourges © Bernard Tran

Conjurer la peur, Gaëlle Bourges © Bernard Tran.

« Prenons quatre éléments, soit :

1/ une oeuvre de peinture – une fresque italienne du 14ème siècle intitulée la fresque « du bon et du mauvais gouvernement »

2/ la recomposition de la fresque, côté bon gouvernement – notamment une ridda (ou ronde non fermée) composée de neuf danseurs, qui serpente sur la placepublique d’une ville et une figure : Securitas (la sécurité)

3/ la recomposition de la fresque, côté mauvais gouvernement – notamment la tribune des neuf mauvais conseillers et une figure : Timor (la peur)

4/ un livre d’histoire – traitant de la fresque en question

À partir de ces éléments, on pourra échafauder plusieurs plans. La logique est la suivante : dérouler une langue qui décrit les images, en mesurant comment, tout en les produisant (les images), elle interfère, dévie, prolonge, ou délire. Parions qu’on peut créer des danses à partir de la langue : il s’agit bien, ce faisant, de nous relier à l’histoire des représentations en nous y plongeant physiquement. »

Conception Gaëlle Bourges, danseurs Matthias Bardoula, Gaëlle Bourges, Agnès Butet, Marianne Chargois, Camille Gerbeau, Guillaume Marie, Phlaurian Pettier, Alice Roland et Marco Villari, création musique Stéphane Monteiro alias XTRONIK et Erwan Keravec, création lumière Abigail Fowler, régie son, régie générale Stéphane Monteiro.

Adriano Wilfert Jensen et Simon Asencio/Galerie, Group show du 23 au 25 mars, 20h30

Galerie

Group Show, Galerie,  Adriano Wilfert Jensen et Simon Asencio crédit photo Galerie.

« Group Show est une exposition d’œuvres immatérielles dans le format d’une performance.

Pour le festival Etrange Cargo, Galerie présente Group Show sur trois soirées consécutives, interprétant chaque soir une sélection d’œuvres. Les formats des œuvres s’étendent d’une danse, à une thérapie, en passant par un conflit ou une poésie instantanée… Chacune de ces formes pourrait entrer dans la catégorie des œuvres immatérielles : des œuvres qui ne peuvent être réduites à un objet matériel ou la documentation de leur action. »

Commissariat et interprétation Galerie -Adriano Wilfert Jensen et Simon Asencio, produit / présenté par ménagerie de verre – Paris, BF15 – Lyon, PACTZollverein – Essen, Jan Mot – Bruxelles, Dansehallerne – Copenhague. pour le festival Etrange Cargo, Galerie présente les oeuvres de Mårten Spångberg, Jennifer Lacey, DD Dorvillier, Alex Bailey, Valentina Desideri, Audrey Cottin, Krõõt Juurak, Pontus Pettersson, Jonathan Burrows & Jan Ritsema, Dora Garcia, bouquet Ana Vega.

Fanni Futterknecht, Accross the white, les 28 et 29 mars, 20h30

Fanni Knutter

Accross the White, Fanni Futterknecht (c) TIMTCM

« Dans Across the White, Fanni Futterknecht se concentre sur la couleur blanche ; en se référant à la couleur en peinture, mais aussi au sens métaphorique, faisant émerger des références liées au contexte de la white cube. Le blanc symbolise l’espace du vide ouvrant l’espace à l’imaginaire et créant une possibilité d’existence au non-existant. Le point de départ de cette confrontation a été un long séjour à Shanghaï en Chine et la préoccupation de l’artiste pour le personnage dans l’opéra chinois. La performance prolonge le discours entre les codes symboliques et abstraits de la narration, et les traduit dans un unique langage de formes, de couleurs et de sons. Le travail investit la relation entre image et narration. Une histoire classique de rébellion, ordre, naïveté et force. »

Concept et texte Fanni Futterknecht, chorégraphie et danse Evandro Pedroni, Raul Maia, Fanni Futterknecht, installation et esthétique des personnages Fanni Futterknecht, musique originale Andreas Kurz, création lumière Martin Schwab, costumes Anthia Loizou, assistants installation Valerie Bachschwöll, Evamaria Müller, Tabitha Stern.

Malika Djardi, Horion du 30 mars au 1er  avril 20h30

Horion Malika Djardi

Horion, Malika Djardi (c) Loïc Benoit

« Horion se dit d’un coup généralement violent, et c’est bien de coups dont Malika Djardi s’empare dans cette nouvelle pièce, des coups considérés dans leur aspect le plus littéral (coup de pied, de tête, de poing, de rein) mais aussi comme charge ou décharge rythmique et énergétique ; comme levier poétique. Conçu comme une sorte d’album live dont on aurait remplacé les instruments par du geste et du corps, par d’autres objets, la question du rythme y est donc centrale et le musical relève du percussif plus que de l’harmonie. Le corps est ici matière, musique, instrument, personnage, énergie, rythme et les interprètes des instruments plastiques comme des poupées ou des pantins. En s’en emparant, la chorégraphe recherche à la fois une légèreté dans la production de sons, de rythmes, de couleurs, et une attention à la manière dont un geste se transforme et devient un signe. »

Conception et chorégraphie Malika Djardi, interprétation Nestor Garcia Diaz et Malika Djardi, assistants à la composition musicale Nicolas Taite et Thomas Turine, technique son Benoît Pelé, régie son Clément Vercelletto, création lumière Yves Godin, costumes Ateliers de couture du Théâtre de Liège : bodies, tutu et gants / La Bourette : protections et ceintures / Marie-Colin Madan : masques et finitions / Nodd Architecture : sabots, scénographie LFA Looking For Architecture, conseils à la dramaturgie Youness Anzane.

 

Giuseppe Chico et Barbara Matijevic, I’ve never done this before du 4 au 6 avril 20h30

CHICO&MATIJEVIC

I’ve never done this before, CHICO&MATIJEVIC (c) Florian Leduc

« Cette pièce aurait pu également s’intituler Don’t try this at home ou bien En théorie, ça devrait marcher ou encore Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. Autant de locutions récurrentes dans les vidéos de YouTube qui concluent souvent les prises de parole et sonnent également comme un aperçu du soi autobiographique. »

« Pour cette pièce, nous nous sommes concentrés sur des situations souvent liées au monde du do-it-your-self qui nous a surpris par sa propension à générer des récits et à dégager des esthétiques inattendues. Autant de stratégies d’interprétation du monde, raconté à travers des objets bricolés aussi fragiles et vulnérables que les imaginaires dont ils sont issus. »

Conception Giuseppe Chico et Barbara Matijević, performé par Barbara Matijević, supervision technique et programmation Ivan Marušić Klif, assistance technique et programmation Igor Brkić et Igor Petrović, collaboration en animatronique Matthieu Schönholzer, design objects Ivan Marušić Klif et Giuseppe Chico, lumière Melchior Delaunay, son Viktor Krasnić et Giuseppe Chico.

Raimund Hoghe,  Lettere amorose, 1999 – 2017, 7 et 8 a vril 20h30, 9 avril 16h

Lettere amorose, Raimund Hoghe

Lettere amorose, Raimund Hoghe (c) Luca Giacomo Schulte.

« En 1999, lorsque Raimund Hoghe crée à Brussels Lettere amorose, deux jeunes africains tentent leurs chances vers l’Europe en se cachant dans les ailes d’un avion. Yaguine Koita et Fodé Tounkara, âgés de 14 et 15 ans, sont retrouvés mort à leur arrivée en Belgique. Et avec eux, une lettre, dans laquelle ils décrivent leur situation en Afrique et leur désir d’une vie meilleure en Europe.

Aujourd’hui, en 2017, d’autres individus risquent toujours leur vie pour rejoindre l’Europe. Cette lettre de 1999 semble avoir été écrite aujourd’hui. C’est pour cette raison que Raimund Hoghe souhaite créer Lettere amorose, 1999 – 2017, en partant de la pièce de 1999 mais en se concentrant sur des lettres comme celle de Yaguine Koita et Fodé Tounkara. »

Concept, chorégraphie, danse et scénographie Raimund Hoghe, collaboration artistique Luca Giacomo Schulte, lumière Raimund Hoghe, Amaury Seval, administration Mathieu Hilléreau, Les Indépendances, musiques interprétées par Elly Ameling, Cathy Berberian, Jacques Brel, Melina Mercouri, Chavela Vargas, Sophia Loren, Victoria de los Angeles, Peggy Lee et Jean-Louis Trintignant, production Raimund Hoghe.

Où et quand ?

Du 14 mars au 9 avril 2017 à La Ménagerie de verre  

Image de Une visuel du festival Etrange Cargo 2017 tous droits réservés.

 

est professeur et formatrice en histoire des arts, titulaire d’un DU en danse contemporaine, et danse depuis toujours. Co-fondatrice de CCCdanse.

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